L’Arabie saoudite a annoncé l’identification d’environ 110 millions de tonnes de minerai à Jabal Sayid, dans la région de Médine, contenant de fortes concentrations de terres rares et des concentrations prometteuses d’uranium. Une découverte potentiellement stratégique pour la diversification du Royaume, mais dont la portée industrielle reste à établir.
L’annonce faite par le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, lors de la Conférence générale de l’AIEA à Vienne, place Jabal Sayid au croisement de deux enjeux majeurs : les minerais critiques et l’énergie nucléaire.
Les études géologiques font état d’environ 110 millions de tonnes de minerai. Une autre reprise citant l’agence officielle saoudienne SPA évoque 114 millions de tonnes. Cette divergence doit être conservée. Surtout, ces volumes correspondent au minerai estimé et non à 110 millions de tonnes de terres rares ou d’uranium.
Les terres rares, enjeu industriel mondial
Le minerai présenterait de fortes concentrations de terres rares, notamment lourdes. Ces matières interviennent dans des technologies allant de l’électronique aux moteurs électriques et aux éoliennes.
L’enjeu est d’autant plus important que leur chaîne de valeur reste extrêmement concentrée. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la Chine représentait en 2024 environ 60 % de l’extraction des terres rares destinées aux aimants, 91 % de leur raffinage et 94 % de la fabrication des aimants permanents.
Une découverte géologique ne suffit cependant pas à modifier cette domination. Séparation, raffinage, transformation et capacités industrielles constituent des étapes déterminantes.
Jabal Sayid associe un important volume de minerai contenant des terres rares, notamment lourdes, à des concentrations prometteuses d’uranium. Son intérêt tient à la concentration mondiale des chaînes de terres rares et aux ambitions saoudiennes de développer simultanément mines, industrie et énergie nucléaire.
L’uranium, deuxième dimension stratégique
Jabal Sayid présenterait également des concentrations d’uranium qualifiées de « prometteuses ».
Cette découverte pourrait accompagner les ambitions nucléaires saoudiennes, mais les informations disponibles ne permettent pas encore de parler de « réserves massives » économiquement récupérables.
Le projet s’inscrit ainsi dans la logique de Vision 2030, qui fait du secteur minier un levier de diversification au-delà des hydrocarbures.
Pour Riyad, Jabal Sayid pourrait devenir un actif stratégique. Mais sa véritable importance dépendra désormais des teneurs, des volumes récupérables, des coûts d’extraction et des capacités de traitement industriel.
Chiffres clés
- 110 millions de tonnes : estimation du minerai annoncée par Reuters et plusieurs sources.
- 114 millions de tonnes : chiffre figurant dans une reprise citant SPA.
- 60 % : part chinoise de l’extraction des terres rares destinées aux aimants en 2024.
- 91 % : part chinoise du raffinage correspondant.
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94 % : part chinoise de la production d’aimants permanents frittés.IEA
Site : VISION 2030


