Deux avancées médicales rapprochées illustrent la montée en technicité de la transplantation en Tunisie. Mais entre innovation hospitalière et changement d’échelle, les chiffres rappellent que le principal défi reste la disponibilité des organes.

À l’hôpital universitaire Fattouma Bourguiba de Monastir, une équipe multidisciplinaire tunisienne et étrangère a réalisé une transplantation hépatique sur un enfant atteint d’une grave maladie du foie. L’intervention a notamment mobilisé les services de chirurgie pédiatrique et de chirurgie générale, avec l’appui du ministère de la Santé et du Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes. Cette opération n’est pas présentée comme une première nationale.

La véritable première technologique annoncée ces derniers jours vient de l’hôpital Charles-Nicolle : l’utilisation en Tunisie du système LifePort pour conserver un rein destiné à la transplantation. Le dispositif repose sur une perfusion hypothermique automatisée, permettant une conservation dynamique et contrôlée de l’organe entre son prélèvement et sa greffe.

L’innovation améliore donc la chaîne technique. Elle ne règle cependant pas à elle seule le principal goulet d’étranglement : le manque d’organes disponibles.

En 2025, la Tunisie a réalisé 73 greffes de rein, ainsi que 11 greffes de foie et 12 greffes de cœur. En août 2026, environ 1 600 patients restaient en attente d’une transplantation rénale. Les listes concernant le foie et le cœur ne dépassaient pas une cinquantaine de patients chacune. Entre avril et mi-août 2026, les organes de 11 donneurs en état de mort cérébrale ont permis de greffer 31 patients.

Le recul historique appelle aussi à la prudence. En 2015, 127 transplantations rénales avaient été réalisées, contre 73 en 2025, soit environ 42,5 % de moins entre ces deux points, calcul WMC. Cette comparaison ne constitue toutefois pas une série annuelle : les données publiques disponibles restent fragmentaires.

La Tunisie franchit donc bien un palier technologique. Le véritable changement d’échelle se mesurera toutefois ailleurs : davantage de donneurs mobilisables, une activité plus régulière et, surtout, une réduction durable des listes d’attente.

Chiffres clés

  • 73 greffes rénales en 2025 : 50 donneurs vivants et 23 donneurs décédés.
  • 11 foies et 12 cœurs transplantés en 2025.
  • 16 donneurs décédés ont permis 46 greffes en 2025.
  • Environ 1 600 patients étaient encore en attente d’un rein en août 2026.
  • 31 greffes à partir de 11 donneurs entre avril et le 15 août 2026.
  • 127 greffes rénales en 2015 contre 73 en 2025, soit environ –42,5 %, calcul WMC sur deux points comparables ; il ne s’agit pas d’une baisse linéaire.

Site : Ministère de la Santé