Le nombre d’Australiens âgés de 85 ans et plus devrait tripler en quarante ans. Derrière le défi budgétaire apparaît une autre question : qui fournira concrètement les soins et l’accompagnement nécessaires ?
L’Australie sait déjà que sa population va vieillir. Son rapport intergénérationnel 2026 ajoute désormais l’échelle du défi : le nombre de personnes âgées de 85 ans et plus devrait tripler au cours des quarante prochaines années, entraînant une demande accrue de services de santé et de prise en charge des personnes âgées. Les décès devraient par ailleurs dépasser les naissances dans les années 2060.
Du financement à la capacité de soigner
Le débat ne porte donc pas seulement sur les ressources financières. Une hausse de la demande de soins suppose aussi une capacité à produire ces services. Cela renvoie à la formation des professionnels, à leur rémunération, à leurs conditions de travail, mais également à la possibilité de les retenir dans les métiers concernés.
C’est ici que se situe l’hypothèse à tester : la disponibilité du personnel pourrait devenir aussi déterminante que le financement. Le rapport du Trésor établit l’augmentation attendue de la demande ; il ne démontre pas, à lui seul, l’ampleur d’une éventuelle pénurie future de travailleurs.
La démographie australienne invite d’ailleurs à éviter les conclusions mécaniques. La population en âge de travailler devrait continuer à progresser modestement. Le taux de participation devrait augmenter sous l’effet notamment d’une participation accrue des femmes et des Australiens plus âgés, atteindre 67,7 % en 2039-40, puis revenir à 64,7 % en 2065-66.
Le précédent japonais
Le Japon montre pourquoi financement et capacité de prise en charge doivent être pensés ensemble. Son système d’assurance dépendance a été lancé en avril 2000, avec les municipalités comme assureurs du dispositif.
Pour la Tunisie, le prolongement mérite donc une enquête plutôt qu’une conclusion : quels parcours suivent les professionnels tunisiens des soins qui partent travailler à l’étranger ? Comment développer leurs compétences et organiser les mobilités sans fragiliser les capacités du pays de départ ?
À ce stade, aucun élément vérifié ici ne permet d’affirmer que l’Australie ouvre un nouveau recrutement spécifique aux Tunisiens. Le véritable sujet est plus large : lorsqu’une société vieillit, financer les soins ne suffit pas. Encore faut-il disposer des professionnels pour les assurer.
Chiffres clés
- ×3 : évolution projetée du nombre d’Australiens de 85 ans et plus en quarante ans.
- Années 2060 : période où les décès devraient dépasser les naissances.
- 0,9 % par an : croissance démographique moyenne projetée sur quarante ans, contre 1,4 % sur les quarante années précédentes.
- 67,7 % : pic projeté du taux de participation en 2039-40.
- 64,7 % : taux projeté en 2065-66.


