Quelques heures de difficulté pour trouver du carburant ne constituent pas une pénurie nationale. Mais pour une petite entreprise dépendante de quelques véhicules, elles peuvent désorganiser une journée. Reste à mesurer ce coût plutôt qu’à le supposer.
Le 23 septembre, WMC rapportait des ruptures dans certaines stations du Grand Tunis. La situation variait selon les lieux et aucun relevé national ne permettait d’établir l’ampleur globale des perturbations. Dans le même temps, Agil affirmait poursuivre ses livraisons.
Cette situation déplace la question économique : une difficulté locale peut-elle coûter de l’argent à une petite entreprise sans provoquer de pénurie nationale ?
Le coût commence avant la panne sèche
Pour un transporteur, un artisan, un distributeur alimentaire ou une entreprise de livraison, chercher une station approvisionnée peut mobiliser un véhicule et son conducteur. Un détour peut retarder une tournée ; une attente peut désorganiser plusieurs livraisons.
Mais ces effets ne peuvent être transformés automatiquement en pertes financières.
Pour mesurer le coût réel, il faudrait relever le temps supplémentaire passé à chercher du carburant, les kilomètres parcourus en plus, les dépenses directement engagées, les livraisons retardées et, surtout, les commandes effectivement annulées.
Ces données ne sont pas disponibles à ce stade.
Quatre entreprises pour mesurer l’impact
L’enquête WMC doit donc partir du terrain : un transporteur, un artisan, un distributeur alimentaire et une entreprise de livraison. Pour chacun, il s’agirait de comparer la journée prévue à la journée réellement effectuée et d’isoler les écarts directement imputables au carburant.
La méthode doit aussi documenter les contre-exemples. Une entreprise disposant de réserves suffisantes ou trouvant rapidement une autre station peut maintenir normalement son activité.
Une file d’attente ne prouve donc ni un arrêt d’activité ni une perte de chiffre d’affaires.
Le précédent britannique de septembre 2000 montre comment une perturbation de distribution peut, lorsqu’elle prend une tout autre ampleur, se transmettre à l’économie. Il ne peut pas être transposé à la Tunisie actuelle.
La question reste donc ouverte : combien coûtent réellement quelques heures de rupture aux petites entreprises tunisiennes ? À ce stade, la réponse est ND. C’est précisément ce que l’enquête doit mesurer.


