L’activité de la zone euro a accéléré en septembre à son rythme le plus rapide depuis plus de trois ans. Une résistance bienvenue face au choc énergétique, mais qui s’accompagne d’une nouvelle poussée des coûts et complique la tâche de la Banque centrale européenne.

L’indice PMI composite flash de la zone euro a bondi à 53,1 en septembre, contre 52,0 en août, alors que les économistes interrogés par Reuters anticipaient un ralentissement à 51,7. Un indice supérieur à 50 signale une expansion de l’activité. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis avril 2023.

L’amélioration concerne à la fois les services et l’industrie. L’Allemagne enregistre un troisième mois consécutif d’expansion et la France retrouve la croissance après dix mois de contraction. Les nouvelles commandes progressent également, donnant au début du quatrième trimestre une base plus solide qu’attendu.

Mais la bonne nouvelle a son revers. Les entreprises signalent une accélération de leurs coûts d’exploitation et de leurs prix de vente, au rythme le plus rapide depuis quatre mois. Le renchérissement de l’énergie lié au conflit au Moyen-Orient alimente ces pressions inflationnistes.

Cette évolution intervient alors que l’inflation annuelle de la zone euro a atteint 3,2 % en août, contre 2,9 % en juillet. L’énergie a contribué à elle seule pour 1,29 point de pourcentage à cette hausse.

La BCE a déjà réagi : le 10 septembre, elle a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base, portant le taux de dépôt à 2,50 %. Elle estime que l’inflation restera supérieure à son objectif de 2 % pendant une période prolongée.

Le paradoxe est désormais clair : une économie plus résistante limite le risque de récession, mais elle donne aussi à la BCE davantage de marge pour maintenir une politique monétaire restrictive. Si la hausse des coûts se diffuse durablement aux prix, de nouvelles hausses de taux pourraient redevenir nécessaires. La vigueur européenne serait alors à la fois un amortisseur économique et une contrainte monétaire.

Chiffres clés

  • 53,1 : PMI composite de septembre.
  • 52,0 : niveau d’août.
  • 3,2 % : inflation annuelle en août.
  • +25 points de base : hausse décidée par la BCE le 10 septembre.
  • 2,50 % : taux de dépôt depuis le 16 septembre.

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