Plusieurs propositions de loi cherchent à traiter les situations foncières et urbanistiques irrégulières en Tunisie. Saber Jlassi estime à environ 1,2 million le nombre de Tunisiens concernés dans les quartiers populaires ou anarchiques. Un chiffre qui reste à consolider par les données publiques.
La régularisation de l’habitat anarchique revient au premier plan du débat parlementaire. Saber Jlassi, président de la Commission de la planification stratégique à l’Assemblée des représentants du peuple, a indiqué lundi sur Diwan FM que quatre propositions de loi relatives à différentes formes d’irrégularité urbanistique attendaient leur examen en plénière.
Selon le député, environ 1,2 million de Tunisiens vivraient dans des quartiers populaires ou anarchiques confrontés à des problèmes fonciers. Ce nombre reste toutefois une estimation attribuée à Saber Jlassi et non une statistique officielle indépendamment confirmée.
Plusieurs situations à régulariser
Les travaux parlementaires consultés confirment l’existence de plusieurs chantiers législatifs.
L’un concerne la régularisation foncière des quartiers populaires anarchiques. Lors de travaux parlementaires du 27 février 2026, les auteurs de cette initiative avaient évoqué environ 1 400 quartiers, regroupant au moins un million d’habitants.
Un autre texte porte sur les bâtiments réalisés en infraction aux permis de construire. La commission parlementaire a achevé son examen et approuvé une version amendée le 22 juin 2026.
Une autre initiative concerne certaines constructions et certains projets implantés dans des zones agricoles dont l’usage a évolué. Le corpus fourni mentionne également un volet relatif à l’habitat collectif, dont l’état d’avancement n’a pas été indépendamment établi.
Combien de Tunisiens sont concernés ?
Saber Jlassi avance environ 1,2 million de personnes, mais ce chiffre reste une estimation déclarée. Des travaux parlementaires antérieurs évoquaient environ 1 400 quartiers populaires anarchiques comptant au moins un million d’habitants.
Régulariser sans encourager de nouvelles infractions
L’enjeu dépasse la seule reconnaissance juridique des constructions. Une régularisation peut contribuer, selon les situations, à clarifier les droits fonciers et à faciliter l’accès aux réseaux publics ou certaines opérations bancaires.
Mais elle pose aussi une question de politique urbaine : comment résoudre les situations existantes sans laisser penser que toute construction irrégulière pourra être régularisée ultérieurement ?
Saber Jlassi appelle parallèlement à revoir le Code de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme. Le chantier est donc double : apporter une réponse aux situations accumulées et revoir les instruments de planification afin de limiter leur reproduction.
Chiffres clés
- 1,2 million — estimation du nombre de Tunisiens concernés avancée par Saber Jlassi.
- Environ 1 400 — quartiers populaires anarchiques évoqués lors des travaux parlementaires du 27 février 2026.
- Au moins 1 million — habitants de ces quartiers selon les chiffres alors présentés.
- 29 000 sur 80 000 — constructions qualifiées d’anarchiques parmi les logements nouveaux construits annuellement, selon les données présentées au Parlement.
Site : Ministère de l’équipement


