Après dix ans d’absence, la Tunisie retrouve le Guide Vert Michelin. La nouvelle édition, commercialisée à partir du 25 septembre, offre surtout l’occasion de mesurer si la visibilité internationale peut bénéficier aux territoires, au patrimoine et à l’économie touristique.
Le retour de la Tunisie dans le Guide Vert Michelin constitue d’abord un signal de visibilité. Présentée le 15 septembre à Paris lors d’IFTM Top Resa, la nouvelle édition compte 432 pages et arrive dix ans après celle de 2016.
Mais sa portée économique doit être distinguée de sa valeur symbolique. La présence dans un guide touristique reconnu ne garantit ni davantage d’arrivées, ni une hausse des recettes, ni un allongement de la durée des séjours.
Au-delà du tourisme balnéaire
L’intérêt réside surtout dans la géographie proposée aux voyageurs. Carthage, Sidi Bou Saïd et Djerba côtoient notamment Matmata, Ksar Ghilane, le Sahara et les oasis.
Cette diversité peut renforcer l’image d’une destination associant littoral, patrimoine, culture et désert. Pour les régions intérieures, l’enjeu potentiel est économique : des parcours plus diversifiés peuvent créer des opportunités pour l’hébergement, la restauration, les guides, les transports ou l’artisanat.
Mais il s’agit bien d’un potentiel. Aucun élément disponible ne permet encore d’attribuer au retour du guide une progression de l’activité de ces secteurs.
Transformer la visibilité en séjours
C’est précisément là que se jouera la valeur réelle de cette publication. Pour produire des retombées, la visibilité doit pouvoir se convertir en itinéraires accessibles, expériences réservables, hébergements et dépenses locales.
Le Guide Vert peut donner envie de découvrir d’autres facettes du pays. Il ne peut cependant remplacer l’offre touristique, les connexions entre territoires, la qualité des services ou la capacité des professionnels à transformer cette curiosité en séjour.
Le véritable indicateur viendra donc après la commercialisation : les visiteurs diversifieront-ils davantage leurs parcours et prolongeront-ils leurs séjours ?
Le retour de Michelin constitue un outil de visibilité pour la Tunisie. Son impact économique, lui, reste à démontrer.


