La Tunisie affiche un excédent alimentaire de 983,1 millions de dinars sur les huit premiers mois de 2026. Mais derrière cette amélioration se trouve une forte concentration sur l’huile d’olive, tandis que la facture céréalière continue d’augmenter.

La balance commerciale alimentaire tunisienne demeure dans le vert à fin août 2026. Selon l’Institut national de la statistique (INS), le groupe alimentation dégage un excédent de 983,1 millions de dinars sur les huit premiers mois de l’année. Les importations alimentaires ont parallèlement augmenté de 17,1 %.

L’ONAGRI, cité par plusieurs médias, situe le taux de couverture à 119,3 % et évalue la progression des exportations alimentaires à 20,7 %, contre 17,1 % pour les importations. Il compare l’excédent à 684,1 MD un an auparavant, soit une progression de 43,7 %. Une légère différence méthodologique ou de révision subsiste toutefois : le communiqué INS d’août 2025 affichait 683,2 MD pour le groupe alimentation.

L’huile d’olive fait l’essentiel du travail

La principale explication tient à l’huile d’olive. Les données primaires de l’INS font passer les ventes à l’étranger de 2 702,4 MD à 3 769,7 MD, soit une hausse proche de 39,5 %.

Cette progression est avant tout une affaire de volumes. Les données attribuées à l’ONAGRI font état de 301,4 mille tonnes exportées, contre 210,7 mille tonnes un an plus tôt, soit environ +43 % selon un calcul WMC. Dans le même temps, le prix moyen recule de 2,5 %, à 12,51 DT/kg. Autrement dit, la hausse des recettes n’a pas été obtenue par un renchérissement moyen du produit, mais par davantage de quantités exportées.

Pourquoi la balance alimentaire tunisienne est-elle excédentaire à fin août 2026 ? La balance alimentaire tunisienne affiche un excédent de 983,1 millions de dinars principalement grâce à la forte hausse des exportations d’huile d’olive. Les volumes exportés ont fortement progressé malgré un prix moyen en baisse, tandis que les importations alimentaires, notamment céréalières, continuent d’augmenter.

Sans les recettes d’huile, le tableau change fortement

La concentration apparaît encore plus clairement en isolant comptablement la contribution de l’huile d’olive. En retranchant simplement les 3 769,7 MD de ventes d’huile du solde alimentaire de 983,1 MD, on obtient un proxy de -2 786,6 MD.

Sur la même base INS pour 2025, le calcul donne 683,2 − 2 702,4 = -2 019,2 MD. Le déficit ainsi reconstitué se serait donc élargi d’environ 767,4 MD, soit près de 38 % en un an.

Ce calcul WMC est volontairement simplifié : il ne constitue pas une balance alimentaire officielle hors huile d’olive, notamment parce qu’il ne retraite pas d’éventuelles importations d’huile ni les différences de nomenclature statistique. Il montre néanmoins à quel point le solde positif agrégé dépend actuellement de cette seule filière exportatrice.

Les céréales restent le point faible

En sens inverse, les importations de céréales progressent de 13,2 % selon les données ONAGRI reprises par Managers. Cette hausse intervient alors que les prix moyens à l’importation reculent de 13,5 % pour le blé dur, de 3,3 % pour le blé tendre et de 2,1 % pour le maïs. Seul l’orge affiche une hausse de 3,6 %.

La progression de la facture céréalière ne peut donc être expliquée par une hausse généralisée des prix unitaires. Le volume et la composition des achats jouent nécessairement un rôle, sans qu’il soit possible de les quantifier précisément à fin août avec les données détaillées accessibles.

À fin juillet, le signal allait déjà dans cette direction : les importations céréalières atteignaient 1 909,9 MD, en hausse de 20,9 %, tandis que les quantités avaient augmenté de 31,3 % pour approcher 2,44 millions de tonnes.

L’excédent alimentaire tunisien est donc bien réel. Mais sa lecture doit rester prudente : il repose aujourd’hui sur une poussée exceptionnelle des volumes d’huile d’olive, alors que le reste de l’équation alimentaire conserve une forte exposition aux importations, notamment céréalières.

Chiffres clés

  • 983,1 MD : excédent alimentaire à fin août 2026.
  • 119,3 % : taux de couverture selon l’ONAGRI repris par la presse.
  • 3 769,7 MD : ventes d’huile d’olive sur huit mois, contre 2 702,4 MD.
  • 301,4 mille tonnes : volumes d’huile exportés selon les données ONAGRI reprises.
  • 12,51 DT/kg : prix moyen d’exportation de l’huile, en recul de 2,5 %.
  • ≈ -2,79 milliards de dinars : proxy WMC du solde après retrait des seules recettes d’exportation d’huile d’olive.