La Turquie a engagé la liquidation de 131 fonds d’investissement relevant de sept sociétés de gestion. İş Bankası et Ziraat Bankası ont été chargées d’une opération sensible pour les investisseurs comme pour les marchés financiers du pays.

Le régulateur turc des marchés financiers, la Sermaye Piyasası Kurulu (SPK), a choisi une intervention d’ampleur : liquider 131 fonds et confier l’exécution de cette procédure à deux des principales banques du pays.

İş Bankası prendra en charge les fonds créés par Tera Portföy Yönetimi. Ziraat Bankası supervisera ceux relevant d’A1 Capital, Atlas, Bulls, Hedef, Pardus et Pusula.

Des milliards de dollars d’actifs concernés

Selon des données Reuters citées par Euronews, les fonds concernés représenteraient environ 890 milliards de livres turques, soit 18,3 milliards de dollars.

La liquidation ne signifie pas que les investisseurs perdent automatiquement leurs avoirs. Les actifs détenus par les fonds doivent être progressivement convertis en liquidités. Après règlement des engagements et dépenses applicables, les sommes disponibles doivent être transférées aux comptes de conservation des investisseurs proportionnellement à leurs parts.

Le processus doit en principe être achevé dans un délai maximal de trois mois, que le régulateur peut toutefois prolonger.

Pourquoi la Turquie liquide-t-elle 131 fonds d’investissement ? La SPK a ordonné leur liquidation après des turbulences touchant des fonds relevant de sept sociétés de gestion. İş Bankası et Ziraat Bankası doivent convertir leurs actifs en liquidités et redistribuer les sommes récupérées aux investisseurs, dans un processus normalement limité à trois mois.

Un test pour les marchés turcs

L’enjeu dépasse le seul remboursement des investisseurs. La vente d’un volume important d’actifs doit être organisée en tenant compte de leur liquidité et des conditions de marché afin d’éviter d’accentuer les tensions.

Le ministre turc du Trésor et des Finances, Mehmet Şimşek, a indiqué que les fonds concernés représentaient environ 10 % du volume total du secteur, tout en écartant l’existence d’un risque systémique généralisé.

Le Financial Times inscrit cette décision dans l’effondrement d’une dynamique spéculative ayant secoué les marchés de capitaux turcs. Cette qualification doit être distinguée de la décision réglementaire elle-même.

Le prochain test sera concret : déterminer combien les investisseurs récupéreront effectivement et dans quelles conditions les actifs pourront être liquidés sans provoquer de nouvelles tensions sur Borsa Istanbul.