Les membres du Conseil local de développement de Bou Salem, les représentants de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche (Urap) de Jendouba, ainsi que des associations, ont revendiqué, lors d’une réunion tenue, vendredi au siège de la délégation de Bou Salem, la révision du tarif de l’eau d’irrigation, récemment fixé à 170 millimes/m3. Plusieurs intervenants lors de cette réunion, à laquelle ont participé des représentants du Commissariat régional au développement agricole (CRDA), ont estimé que le tarif annoncé contribuerait à détériorer la confiance des agriculteurs dans le secteur et pourrait les pousser soit à louer leurs terres et à abandonner leur activité, soit à changer de filière.

Cette situation aurait des répercussions sur l’avenir du secteur agricole, qui constitue l’un des principaux secteurs en matière de production et d’emploi. Cette tarification aurait des conséquences négatives sur le cheptel, tant sur les besoins en eau pour l’abreuvement que sur l’alimentation.

Certains participants à la réunion ont proposé l’adoption d’une tarification différenciée, déterminée en fonction de la nature des cultures, avec des tarifs symboliques pour les produits stratégiques tels que les céréales, la betterave sucrière, le lait et les légumes.

Il s’agit de produits dont les coûts et l’importance nutritionnelle sont d’autant plus avantageux lorsqu’ils sont produits localement et à proximité du consommateur.

Le président de l’Urap, Lotfi Jemazi, a expliqué que la situation nécessite la tenue de réunions régionales élargies ainsi que l’élaboration d’un plan visant à revoir cette tarification et à régler le dossier des dettes accumulées par les agriculteurs et les groupements, au nombre de 26.

L’adoption de cette tarification est intervenue à l’issue de longues concertations avec les groupements professionnels et l’ensemble des acteurs du secteur agricole, a indiqué la représentante du commissariat régional au développement agricole.

Elle a ajouté que le ministère de l’Agriculture “ne fixe pas les tarifs dans une logique de rentabilité”, estimant qu’”il agit sous la pression des dettes accumulées liées à la consommation d’eau d’irrigation”, lesquelles dépassent 28 millions de dinars au profit de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG).

Le président du Conseil local de développement de Bou Salem, Rami Aouadhi, a pour sa part indiqué que le conseil œuvrera avec l’ensemble des parties prenantes afin de revoir cette tarification, notamment parce que l’agriculteur a grandement besoin d’être soutenu et aidé pour surmonter les difficultés complexes auxquelles il est confronté quotidiennement.