La Directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, a affirmé que l’affaiblissement du noyau stable du système commercial multilatéral aura un coût considérable pour l’économie mondiale.

S’exprimant à l’occasion du lancement du Rapport sur le commerce mondial 2026, lors du Forum public de l’OMC, elle a indiqué que la fragmentation du commerce mondial sur des bases géopolitiques pourrait entraîner une baisse d’environ 5 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, tandis que les pertes pourraient atteindre près de 7 % si l’OMC disparaissait et était remplacée par un réseau d’accords de libre-échange.

La Directrice Générale de l’OMC, a souligné que cette édition du rapport se distingue des précédentes en soulevant des questions fondamentales sur les performances du système de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT)/OMC.

Elle a évoqué que le système commercial mondial est confronté à des défis d’une ampleur jamais observée depuis sa création, au lendemain de la Grande Dépression et de la Seconde Guerre mondiale.

Selon elle, les pressions qui s’exercent, aujourd’hui, sur le commerce mondial ne sont pas principalement liées aux règles et aux politiques commerciales mais aux déséquilibres macroéconomiques, aux innovations technologiques et aux rivalités géopolitiques qui jouent un rôle croissant, tout comme les lacunes en matière de protection sociale au niveau national.

« Une grande partie des pressions auxquelles l’organisation est confrontée, aujourd’hui, découle, dans une large mesure, des succès du système lui-même. Le système GATT/OMC a contribué à bâtir une économie mondiale plus ouverte, plus intégrée et fondée sur des règles », a encore expliqué la Directrice Générale de l’OMC.

Elle a souligné que le système commercial a joué un rôle essentiel dans la construction d’une économie mondiale plus prospère et plus équitable. Depuis 1995, l’adhésion à l’OMC a contribué à une hausse d’environ 140 % des échanges commerciaux entre ses membres.

Ngozi Okonjo-Iweala a avancé que la part des économies à faible et moyen revenu dans le commerce mondial des marchandises a atteint 45 %, soit près du double de son niveau précédent.

Et de poursuivre que cette croissance plus rapide tirée par le commerce a contribué à réduire l’écart de revenu avec les économies plus riches, une première depuis la révolution industrielle survenue il y a deux siècles », souligne la patronne de l’OMC.

Beaucoup de succès ont été réalisés actuellement par l’OMC, a-elle indiqué, précisant que son organisation a mobilisé des avantages substantiels pour les entreprises et les ménages du monde entier et assure environ 72 % du commerce mondial des marchandises, soit près des trois quarts des échanges.

Et d’ajouter que le commerce mondial se situe à des niveaux records et que le système commercial est parvenu à surmonter de multiples crises économiques sans reproduire la vague de protectionnisme observée dans les années (30) du siècle dernier.

Ces chocs ont certes révélé une asphyxie des chaînes d’approvisionnement, mais ils ont en revanche mis en valeur l’importance de la flexibilité de l’offre, confirmant ainsi la nécessité pour l’Organisation mondiale du commerce de continuer à constituer un noyau stable pour le système commercial mondial.

Toutefois, l’organisation n’est pas parvenue à s’adapter suffisamment à l’économie mondiale qu’elle a contribué à façonner, d’après Okonjo-Iweala.