À Lille, Jean-Luc Mélenchon a fait de la guerre autour du détroit d’Ormuz un symbole du coût économique des choix géopolitiques. Derrière la charge politique, une réalité s’impose : le pétrole a retrouvé des niveaux supérieurs à 100 dollars et l’une des principales artères énergétiques mondiales fonctionne au ralenti.

À la Braderie de Lille, le 5 septembre, Jean-Luc Mélenchon n’a pas pris de détour. Il a qualifié le conflit autour d’Ormuz de « guerre ridicule » et directement relié ses conséquences à la hausse du coût de la vie.

L’accusation est politique. Le choc énergétique, lui, est mesurable.

Ormuz sous pression, le marché s’affole

Avant la crise, environ 20,9 millions de barils par jour transitaient par le détroit d’Ormuz au premier semestre 2025. Au deuxième trimestre 2026, ce volume est tombé à 4,9 millions de barils par jour.

Cette contraction frappe un marché extrêmement sensible aux ruptures d’approvisionnement. L’Agence internationale de l’énergie prévoit désormais une baisse de 5,7 millions de barils par jour de l’offre mondiale en 2026.

Les cours traduisent cette nervosité. Après avoir clôturé à 107,63 dollars le 10 septembre, le Brent évoluait encore autour de 108 dollars le baril à l’ouverture asiatique du 14 septembre.

Autrement dit, la crise n’est plus seulement militaire ou diplomatique : elle se diffuse dans les prix.

Du détroit à la pompe

C’est précisément le terrain choisi par Mélenchon. Son discours transforme Ormuz en argument politique sur le pouvoir d’achat : quand une voie stratégique du pétrole mondial se bloque, la facture finit par descendre jusqu’aux entreprises et aux ménages.

En France, le SP95-E10 atteignait déjà 2,12 euros le litre en moyenne le 8 septembre.

Les données confortent donc le constat d’une pression énergétique majeure. Elles ne tranchent pas, en revanche, la bataille politique sur les responsabilités.

Le pétrole dit qu’Ormuz coûte cher. Mélenchon, lui, désigne ceux qu’il estime responsables de l’addition.