La Banque centrale de Libye autorise désormais jusqu’à 2 millions de dinars de transferts quotidiens entre entreprises via les portefeuilles électroniques. La circulaire 9/2026 ouvre aussi ces services aux étrangers résidant légalement dans le pays, sous conditions d’identification.
La Libye veut faire sortir le paiement électronique de la marge. Avec sa circulaire 9/2026, datée du 11 mars 2026, la Banque centrale fixe des plafonds de transfert qui donnent aux portefeuilles électroniques une capacité nettement plus importante dans les transactions entre particuliers et entreprises.
Pour les citoyens libyens, le plafond quotidien atteint 100.000 dinars pour un transfert entre particuliers. Il grimpe à 500.000 dinars lorsqu’un particulier paie une entreprise et à 2 millions de dinars pour une opération entre entreprises.
Le signal est clair : le portefeuille électronique n’est plus conçu uniquement comme un instrument de petits paiements. Avec un plafond B2B de 2 millions de dinars, il peut désormais prendre place dans des flux commerciaux beaucoup plus importants. Il s’agit toutefois de plafonds réglementaires, et non de montants effectivement échangés.
Les étrangers entrent dans le système
La deuxième évolution est tout aussi significative. Les sociétés de paiement électronique agréées peuvent ouvrir des portefeuilles aux étrangers résidant légalement en Libye.
L’accès exige un passeport valide ou un titre de séjour en cours de validité, ainsi qu’un numéro de téléphone enregistré au nom du client et associé à son passeport.
Les plafonds sont plus bas : 50.000 dinars par jour vers un particulier et 100.000 dinars vers une entreprise.
Cette mesure prolonge une orientation clairement affichée par la Banque centrale : intégrer davantage la main-d’œuvre étrangère à l’économie formelle via le paiement électronique. La veille de la circulaire, le régulateur avait annoncé un accord visant notamment à relever les plafonds des portefeuilles et à intégrer les travailleurs étrangers aux circuits officiels.
Mais l’ouverture s’accompagne d’un contrôle renforcé. La Banque centrale annonce un suivi périodique et des inspections sur place des sociétés concernées.
La bataille libyenne du paiement numérique change ainsi de dimension : il ne s’agit plus seulement de multiplier les moyens de paiement, mais de faire basculer davantage de transactions vers des circuits identifiables, traçables et supervisés.
CHIFFRES CLÉS
100.000 LYD — particulier libyen → particulier
500.000 LYD — particulier libyen → entreprise
2 millions LYD — entreprise → entreprise
50.000 LYD — étranger → particulier
100.000 LYD — étranger → entreprise