TotalEnergies et ses partenaires prévoient 10 milliards de dollars d’investissements en Angola sur cinq ans. Avec un Brent au-dessus de 100 dollars, l’offshore africain regagne en attractivité, mais les majors restent très sélectives.

Le retour des capitaux vers le pétrole africain se confirme, mais il ne s’agit pas d’un retour à l’exubérance des années 2000. En Angola, TotalEnergies et ses partenaires prévoient d’investir 10 milliards de dollars sur cinq ans, selon Patrick Pouyanné. Le groupe français, premier opérateur du pays, y exploite environ 450.000 barils par jour.

Pour les investisseurs, le signal est double. D’un côté, un Brent revenu au-dessus de 100 dollars améliore les flux de trésorerie et les rendements attendus des projets. De l’autre, les décisions d’investissement restent concentrées sur les actifs les plus compétitifs.

Des milliards, mais pas à n’importe quel prix

L’Angola illustre cette discipline. Le projet Kaminho, décidé dès 2024, représente environ 6 milliards de dollars. Développé par TotalEnergies avec Petronas et Sonangol, il doit produire près de 70.000 barils par jour à partir de 2028.

D’autres projets ont déjà suivi. Begonia et CLOV Phase 3 ont ajouté environ 60.000 barils par jour en 2025. En juin 2026, Azule Energy, la coentreprise de BP et Eni, et ses partenaires ont validé Greater PAJ, pour 5,1 milliards de dollars d’investissement et une mise en production prévue en 2029.

La remontée du brut ne déclenche donc pas le cycle : elle renforce des projets déjà jugés suffisamment rentables.

L’Afrique remonte dans les portefeuilles

Le mouvement dépasse l’Angola. Selon Rystad Energy, l’Afrique devrait concentrer près de 40 % des 42 puits d’exploration à fort impact prévus dans le monde en 2026.

Pour les majors, l’intérêt se concentre surtout sur l’offshore profond, les grands volumes récupérables et les projets adossés à des infrastructures existantes. La Namibie, l’Angola et plusieurs pays du golfe de Guinée profitent de cette nouvelle hiérarchie des actifs.

Mais le contexte reste loin d’un « supercycle » d’investissement. L’Agence internationale de l’énergie prévoit encore une baisse des investissements pétroliers mondiaux en 2026, sous les 500 milliards de dollars. Le niveau élevé des cours ne suffit donc pas à lever les incertitudes sur la demande à long terme, les coûts de développement et les délais de mise en production.

Pour l’Angola, l’enjeu est aussi de défendre sa base productive. Le vieillissement de ses champs impose de nouveaux investissements simplement pour compenser le déclin naturel de la production.

Les chiffres clés

  • 10 milliards de dollars — investissements prévus par TotalEnergies et ses partenaires en Angola sur cinq ans.
  • 450.000 barils/jour — production opérée par TotalEnergies dans le pays.
  • 6 milliards de dollars — coût estimé de Kaminho.
  • 70.000 barils/jour — production attendue de Kaminho à partir de 2028.
  • 5,1 milliards de dollars — investissement prévu pour Greater PAJ.
  • 40 % — part approximative de l’Afrique dans les forages mondiaux d’exploration à fort impact prévus en 2026.

Pour les investisseurs, la vraie question n’est donc pas de savoir si le pétrole africain redevient attractif. Il l’est déjà sur certains bassins. La question est de savoir quels projets resteront compétitifs lorsque le Brent retombera sous les niveaux actuels.