Sonatrach accélère sa coopération technologique avec les groupes chinois. À Pékin, le groupe algérien a signé le 29 août 2026 un protocole d’entente avec Anton Oilfield Services Group portant sur les hydrocarbures non conventionnels, les gisements marginaux, la récupération assistée du pétrole et la fabrication locale d’équipements pour le gaz naturel.
L’accord vise d’abord un objectif très concret : produire davantage à partir de ressources plus difficiles à exploiter. Les deux partenaires doivent étudier des solutions applicables aux hydrocarbures non conventionnels et aux gisements marginaux, mais aussi aux techniques d’Enhanced Oil Recovery, ou EOR, destinées à améliorer le taux de récupération dans des champs déjà en production.
Pour Sonatrach, cette approche permet de compléter la recherche de nouvelles découvertes par une meilleure valorisation des actifs existants. L’enjeu est d’autant plus stratégique que les techniques de récupération assistée peuvent prolonger la durée de vie économique de certains gisements et améliorer leur rendement, à condition que les coûts technologiques restent maîtrisés.
Le protocole comporte également un volet industriel qui pourrait être déterminant pour l’économie algérienne. Sonatrach et Anton doivent examiner les possibilités de fabrication locale d’outils de complétion et d’équipements liés au gaz naturel.
Cette orientation s’inscrit dans la stratégie de contenu local du groupe public, qui vise 55 % à l’horizon 2030. Si elle se traduit par des projets industriels concrets, elle pourrait renforcer la participation des entreprises algériennes à la chaîne de valeur pétrolière et gazière, réduire certaines importations et favoriser le transfert de compétences techniques.
Anton Oilfield Services Group dispose pour sa part d’une présence internationale importante dans les services pétroliers. Le groupe chinois a réalisé environ 5,57 milliards de yuans de chiffre d’affaires en 2025, en progression de 17,2 % sur un an. Au premier semestre 2026, ses revenus ont atteint près de 2,68 milliards de yuans, pour un bénéfice net d’environ 108 millions de yuans.
La signature avec Anton intervient surtout dans une séquence plus large de rapprochement énergétique entre Alger et Pékin. La veille, Sonatrach avait également conclu avec Sinopec un protocole couvrant les hydrocarbures conventionnels et non conventionnels, les réservoirs complexes, la pétrochimie et les nouvelles technologies.
La multiplication de ces accords montre que Sonatrach cherche désormais autant des technologies que des capitaux. Mais la portée réelle du protocole signé avec Anton dépendra de la prochaine étape : identification de projets pilotes, contrats commerciaux, investissements et part effective de fabrication réalisée en Algérie.


