STEG ElectricitéAprès deux incendies ayant touché des postes électriques à Nouakchott, les informations faisant état de l’arrivée d’une équipe technique marocaine donnent au dossier une dimension régionale. Mais plusieurs éléments restent à confirmer par des sources officielles.

La crise électrique qui frappe Nouakchott depuis plusieurs jours pourrait dépasser le cadre d’un simple incident d’infrastructure. Mardi 25 août, le média marocain Hespress a rapporté l’envoi en Mauritanie d’une équipe technique spécialisée et d’équipements destinés à soutenir les opérations de rétablissement du réseau électrique. Cette information, attribuée à des médias mauritaniens, n’a toutefois pas encore été confirmée publiquement par une source primaire marocaine ou mauritanienne accessible.

Le point de départ de la crise est, lui, établi. Deux incendies ont touché des postes de transformation 33/15 kV à Nouakchott les 21 et 22 août. Selon l’Agence mauritanienne d’information, qui relaie les informations du ministère de l’Énergie et de la Société mauritanienne d’électricité, Somelec, ces incidents ont provoqué des coupures dans plusieurs quartiers de la capitale.

Les perturbations ont notamment affecté Dar Naim, Toujounine, Arafat, Tevragh Zeina, Ksar et Sebkha. Certaines lignes desservant l’aéroport international Oumtounsy, le port de Tanit ainsi que l’axe Nouakchott-Ouad Naga-Idini ont également été touchées.

Un réseau sous pression

Au-delà des coupures, ces incidents rappellent la vulnérabilité d’infrastructures électriques dont dépendent directement les activités économiques et les services essentiels. Une interruption prolongée peut rapidement affecter les commerces, les entreprises, les administrations, les infrastructures de transport et certains systèmes liés à l’approvisionnement en eau.

Les autorités mauritaniennes indiquent avoir mobilisé les équipes de Somelec et de la protection civile afin de limiter les dégâts, réparer les installations et rétablir progressivement l’alimentation. Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Mohamed Ould Khaled, s’est rendu sur plusieurs sites touchés et a demandé l’accélération des travaux.

Le Maroc comme nouveau facteur régional

C’est dans ce contexte que l’annonce d’une assistance technique marocaine modifie le potentiel éditorial du dossier. Si elle est officiellement confirmée, elle constituerait un exemple concret de coopération technique entre deux pays du Maghreb confrontés à des enjeux communs de sécurité énergétique et de modernisation des réseaux.

Il convient néanmoins de rester prudent. À ce stade, la présence de techniciens marocains est rapportée par Hespress, mais aucune communication officielle accessible de Somelec ou du gouvernement mauritanien ne permet encore d’en préciser l’ampleur, la durée ou les modalités.

L’enjeu dépasse donc la seule question de savoir qui fournit une assistance à Nouakchott. La crise pose plus largement la question de la capacité des pays voisins à mettre en place des mécanismes de coopération rapide lorsque des infrastructures énergétiques critiques sont endommagées.

Pour la Mauritanie, l’urgence reste toutefois immédiate : restaurer durablement les équipements affectés et sécuriser l’approvisionnement. Ce n’est qu’une fois les informations sur les aides extérieures officiellement documentées que l’on pourra mesurer si l’épisode marque réellement une nouvelle étape de la coopération énergétique régionale.