
Le ballon de la « Main de Dieu » de Diego Maradona a été adjugé 3,355 millions de dollars aux États-Unis. Derrière cette pièce mythique se trouve une histoire profondément tunisienne : celle d’Ali Bennaceur, l’arbitre du quart de finale Argentine-Angleterre de 1986, qui a conservé le ballon pendant plus de trente ans avant de le mettre aux enchères en 2022.
Un ballon, deux buts entrés dans l’histoire et un arbitre tunisien au cœur de sa provenance.
Le 22 juin 1986, à l’Estadio Azteca de Mexico, Ali Bennaceur dirige le quart de finale Argentine-Angleterre. Diego Maradona inscrit d’abord de la main le but qui deviendra la célèbre « Main de Dieu », puis, quelques minutes plus tard, un slalom légendaire élu ensuite « But du siècle ».
Quarante ans après ce match, le ballon Adidas Azteca utilisé ce jour-là a été vendu 3,355 millions de dollars chez Heritage Auctions.
Un ballon conservé plus de trente ans en Tunisie
La valeur de l’objet tient autant à son lien avec Maradona qu’à sa traçabilité.
Après la rencontre, Ali Bennaceur récupère le ballon et le conserve en Tunisie pendant plus de trois décennies. Cette provenance constitue aujourd’hui un élément central de son authenticité. Heritage Auctions s’appuie également sur des analyses de photomatching destinées à relier précisément le ballon aux images du match.
Pour la Tunisie, l’histoire est remarquable : l’un des objets les plus célèbres du football mondial a passé plusieurs décennies entre les mains d’un arbitre tunisien avant d’entrer sur le marché international des memorabilia.
Ali Bennaceur l’avait mis aux enchères en 2022
Un point mérite toutefois d’être précisé.
En novembre 2022, Ali Bennaceur était bien le vendeur lorsque le ballon avait été proposé chez Graham Budd Auctions à Londres. La maison de ventes l’avait alors estimé entre 2,5 et 3 millions de livres.
Mais l’opération n’avait pas abouti. Une offre de 2 millions de livres avait été enregistrée sans atteindre le prix de réserve, et le lot était resté invendu.
La situation est différente en 2026. Le ballon a cette fois trouvé preneur pour 3,355 millions de dollars chez Heritage Auctions, frais compris. En revanche, les sources publiques accessibles ne permettent pas d’établir avec certitude qu’Ali Bennaceur était encore le propriétaire ou le vendeur lors de cette transaction.
Il serait donc incorrect de lui attribuer directement le produit de la vente de 2026.
Un prix élevé, mais loin des attentes les plus optimistes
Le montant reste spectaculaire, mais il demeure très inférieur aux anticipations les plus élevées, qui évoquaient jusqu’à 10 millions de dollars.
Cette différence rappelle une réalité du marché des objets de collection : la valeur historique ne garantit pas le prix. Même lorsqu’un objet bénéficie d’une provenance exceptionnelle, son prix dépend du nombre d’acheteurs prêts à se concurrencer au moment de la vente.
Le marché confirme néanmoins la puissance de la mémoire Maradona. Son maillot porté lors du même match avait été vendu en 2022 pour plus de 7 millions de livres chez Sotheby’s.
La comparaison est saisissante : quarante ans plus tard, un seul match continue de générer des objets valorisés à plusieurs millions.
Et dans l’histoire de ce ballon, la Tunisie occupe une place difficile à effacer. Ali Bennaceur n’est pas nécessairement le vendeur de 2026. Mais il reste l’homme qui a arbitré le match, récupéré l’objet et l’a conservé pendant plus de trente ans avant sa première mise sur le marché.


