
Les causes : un déséquilibre structurel
Ce chiffre record ne peut s’expliquer uniquement par des facteurs saisonniers ou conjoncturels. Il révèle un dysfonctionnement profond, alimenté par trois dynamiques convergentes :
- une parallèle qui s’étend et fonctionne exclusivement en cash ;
- une crise de confiance bancaire persistante, freinant l’intégration des dépôts ;
- un système de paiement numérique encore incapable de couvrir une large frange de la population.
Les conséquences : une chaîne de fragilités
Les répercussions sont multiples et cumulatives :
- la politique monétaire perd de son efficacité, ne contrôlant qu’une partie de l’économie ;
- les recettes fiscales s’érodent, une richesse considérable échappant au circuit officiel ;
- l’investissement privé recule, confronté à une concurrence déloyale entre secteur formel et informel.
Les pistes de réforme
Le traitement ne peut se limiter à des slogans ou à des mesures répressives. Il doit combiner :
- une numérisation immédiate des paiements publics.
- un plafond obligatoire pour les transactions en espèces.
- une réforme fiscale incitative, rendant l’intégration dans l’économie formelle rationnelle et avantageuse.
Chaque jour de retard coûte à l’économie tunisienne bien plus que 4,2 millions de dinars : il fragilise la souveraineté financière, accentue les inégalités et retarde l’émergence d’un modèle de croissance durable.


