DR Aram BelhadjDr Aram Belhadj vient de publier un post alarmant sur sa page FB rappelant que chaque jour, 4,2 millions de dinars – soit plus de 4 milliards de millimes – s’ajoutent au volume de liquidités circulant en dehors du système bancaire tunisien. Les données viennent de la Banque centrale de Tunisie. La masse totale de cash hors circuit bancaire dépasse désormais 30 milliards de dinars.

Les causes : un déséquilibre structurel

Ce chiffre record ne peut s’expliquer uniquement par des facteurs saisonniers ou conjoncturels. Il révèle un dysfonctionnement profond, alimenté par trois dynamiques convergentes :

  • une parallèle qui s’étend et fonctionne exclusivement en cash ;
  • une crise de confiance bancaire persistante, freinant l’intégration des dépôts ;
  • un système de paiement numérique encore incapable de couvrir une large frange de la population.

Les conséquences : une chaîne de fragilités

Les répercussions sont multiples et cumulatives :

  • la politique monétaire perd de son efficacité, ne contrôlant qu’une partie de l’économie ;
  • les recettes fiscales s’érodent, une richesse considérable échappant au circuit officiel ;
  • l’investissement privé recule, confronté à une concurrence déloyale entre secteur formel et informel.

Les pistes de réforme

Le traitement ne peut se limiter à des slogans ou à des mesures répressives. Il doit combiner :

  • une numérisation immédiate des paiements publics.
  • un plafond obligatoire pour les transactions en espèces.
  • une réforme fiscale incitative, rendant l’intégration dans l’économie formelle rationnelle et avantageuse.

Chaque jour de retard coûte à l’économie tunisienne bien plus que 4,2 millions de dinars : il fragilise la souveraineté financière, accentue les inégalités et retarde l’émergence d’un modèle de croissance durable.