La demande algérienne d’électricité a atteint mercredi 19 août un nouveau sommet historique de 21 828 MW. Cette succession de records confirme la pression exercée par les fortes chaleurs sur le système électrique algérien. Pour la Tunisie, qui utilise les échanges avec son voisin pour sécuriser certaines périodes de pointe, l’évolution mérite une attention particulière.
L’Algérie vient de franchir un nouveau seuil. Selon l’APS, citant le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, la demande nationale d’électricité a culminé à 21 828 MW mercredi, sous l’effet d’une vague de chaleur persistante et d’un niveau élevé d’humidité.
Le précédent record, établi la veille, était de 21 727 MW. L’écart n’est que de 101 MW, mais la succession rapprochée de nouveaux sommets est plus significative que le chiffre pris isolément. Elle montre que la pointe estivale algérienne continue de progresser, tirée notamment par l’usage massif de la climatisation.
En 2025, le pic de consommation s’établissait à 20 628 MW. En un an, le maximum appelé a donc augmenté d’environ 1 200 MW, soit près de 5,8 %.
Une équation qui dépasse les frontières algériennes
Pour la Tunisie, le sujet ne se limite pas à l’évolution du marché électrique algérien. Les deux pays disposent de plusieurs interconnexions permettant des échanges d’électricité, notamment lorsque le système tunisien fait face à une forte demande.
Le ministère tunisien de l’Énergie souligne lui-même le rôle de ces interconnexions pendant les périodes de pointe. Les données de l’Observatoire national de l’énergie et des mines indiquaient par ailleurs qu’en janvier 2026, les achats d’électricité, principalement en provenance d’Algérie, représentaient environ 8 % des besoins du marché tunisien.
La montée de la consommation algérienne réduit donc potentiellement le volume de flexibilité disponible à l’échelle régionale. Cette conclusion doit toutefois être maniée avec prudence.
Aucune donnée publique consultée ne permet d’affirmer que l’Algérie a réduit ses exportations vers la Tunisie lors du record du 19 août. Le système algérien peut continuer à exporter tant que sa capacité réellement disponible, ses réserves opérationnelles et les contraintes de réseau le permettent.
Le vrai indicateur à surveiller n’est donc pas seulement le niveau de consommation, mais l’écart entre la demande maximale et la puissance effectivement disponible au même moment.
Des pointes simultanées plus difficiles à absorber
Le risque régional apparaît surtout lorsque les fortes chaleurs touchent simultanément l’Algérie et la Tunisie. Les deux systèmes peuvent alors connaître leurs pointes au même moment, réduisant la capacité de l’un à servir de soutien à l’autre.
Pour Tunis, cette situation renforce l’intérêt d’une diversification des moyens de sécurité : nouvelles capacités de production, meilleure gestion de la pointe, développement des renouvelables accompagnées de moyens de flexibilité et nouvelles interconnexions, notamment avec l’Europe.
Le record algérien de 21 828 MW ne constitue donc pas une crise énergétique régionale. Il constitue plutôt un signal de tension croissante sur les marges de sécurité électrique du Maghreb, particulièrement lors des épisodes de chaleur extrême.
Les chiffres clés
- 21 828 MW : nouveau record de demande électrique en Algérie.
- 21 727 MW : précédent record, enregistré la veille.
- +101 MW : progression entre les deux derniers pics.
- 20 628 MW : pic enregistré en 2025.
- +5,8 % environ : hausse du maximum entre 2025 et 2026.
- 8 % : part des besoins tunisiens couverte par les achats d’électricité, principalement algériens, en janvier 2026.


