Les investissements directs étrangers ont atteint près de 1,912 milliard de dinars en Tunisie au premier semestre 2026. Derrière cette progression se confirme une tendance favorable à l’investissement productif, portée avant tout par l’industrie et l’énergie.
La Tunisie commence 2026 sur une note plus favorable en matière d’attractivité des capitaux internationaux. Au terme des six premiers mois de l’année, les investissements internationaux ont atteint environ 1,929 milliard de dinars, soit une progression de 11,5 % sur un an, selon les données communiquées par la FIPA. L’essentiel de ces entrées est constitué d’investissements directs étrangers : 1,912 milliard de dinars, très loin devant les investissements de portefeuille.
Le constat est important. Les IDE correspondent généralement à des engagements dans des entreprises, des unités de production ou des projets appelés à s’inscrire dans une durée plus longue que de simples placements financiers. Leur progression donne donc une indication sur la capacité de la Tunisie à continuer d’attirer des groupes étrangers malgré un environnement international marqué par une forte concurrence entre destinations d’investissement.
L’industrie conserve son rôle moteur
La répartition sectorielle montre cependant une forte concentration. Selon les données FIPA disponibles, 72 % des IDE du premier semestre se sont dirigés vers l’industrie manufacturière, tandis que 19 % ont concerné le secteur énergétique. Les services n’en captent qu’une part beaucoup plus limitée.
Cette domination industrielle n’est pas une surprise. La stratégie tunisienne d’attractivité repose depuis longtemps sur une combinaison de proximité avec l’Europe, de base industrielle exportatrice et de compétences techniques. Les annonces récentes de groupes étrangers illustrent encore cette orientation. En juillet, la FIPA faisait notamment état de l’installation en Tunisie du groupe allemand Deltec dans l’électronique, tandis que d’autres projets industriels étrangers avaient été annoncés dans l’automobile et les équipements au cours des mois précédents.
Le défi consiste désormais à transformer le volume des investissements en effets plus larges sur l’économie : création d’emplois qualifiés, transfert de technologie, intégration des fournisseurs locaux et montée en gamme des exportations.
Un signal positif qui doit encore être consolidé
La progression du premier semestre ne signifie donc pas que toutes les contraintes pesant sur l’investissement ont disparu. Elle indique surtout que la Tunisie conserve des arguments auprès des industriels internationaux.
Pour mesurer la solidité de cette dynamique, les prochains mois devront permettre de déterminer si le rythme observé au premier semestre se prolonge et si les nouveaux projets se diversifient au-delà des filières historiquement dominantes.
À ce stade, le chiffre de 1,912 milliard de dinars d’IDE constitue un signal favorable. Mais la véritable mesure du succès sera moins le montant annoncé que la capacité de ces capitaux à générer durablement production, emplois, exportations et valeur ajoutée en Tunisie.


