Transformateurs STEG ElectricitéL’Algérie a porté mardi 18 août son record de consommation électrique à 21 727 MW, quatrième sommet enregistré depuis juillet. Derrière la succession des records, la climatisation transforme progressivement les fortes chaleurs en contrainte de dimensionnement pour les réseaux électriques du Maghreb.

À 14h30 mardi, la demande algérienne d’électricité a atteint 21 727 mégawatts, dépassant de 77 MW le record établi vingt-quatre heures auparavant. En un peu plus d’un mois, c’est la quatrième fois que le pays repousse son maximum historique.

Le chiffre devient surtout significatif lorsqu’on élargit la comparaison. Le nouveau pic dépasse de 1 099 MW celui de 2025, soit environ 5,3 %. Par rapport aux 16 666 MW enregistrés en 2022, la progression atteint plus de 30 %.

En quatre ans, le système électrique algérien doit ainsi absorber environ 5 000 MW supplémentaires aux heures les plus tendues.

La climatisation change l’équation

Le ministère algérien de l’Énergie attribue notamment cette accélération aux fortes températures et à l’usage intensif de la climatisation.

La succession des sommets confirme le caractère très concentré du phénomène : 21 176 MW le 12 juillet, 21 378 MW le lendemain, 21 650 MW le 17 août puis 21 727 MW le 18 août.

Pour les opérateurs électriques, la difficulté ne consiste pas seulement à satisfaire une consommation annuelle croissante. Il faut disposer de suffisamment de production, de lignes et de transformateurs durant quelques heures critiques, lorsque des millions d’appareils de climatisation fonctionnent simultanément.

C’est là que le coût économique augmente. Les infrastructures doivent être dimensionnées pour supporter la pointe, même lorsque cette capacité supplémentaire reste peu utilisée pendant une partie de l’année.

Un signal pour tout le Maghreb

Le cas algérien rejoint une tendance plus large. L’Agence internationale de l’énergie estime que le refroidissement représente déjà près de la moitié de la demande électrique de pointe dans la région Moyen-Orient–Afrique du Nord.

La Tunisie connaît elle aussi cette pression estivale, avec des réseaux fortement sollicités lors des épisodes de chaleur extrême.

Il serait toutefois excessif de parler d’une crise électrique uniforme au Maghreb. Les capacités de production, l’état des réseaux et les modèles de consommation diffèrent fortement d’un pays à l’autre.

Mais la contrainte commune devient plus visible : plus les températures augmentent, plus la demande électrique se concentre aux moments où le réseau est déjà le plus sollicité.

La réponse ne pourra donc pas reposer uniquement sur de nouvelles centrales. Elle passera également par des climatiseurs plus efficaces, le renforcement des réseaux, le solaire, le stockage et une meilleure gestion de la demande.

Le record algérien de 21 727 MW prend alors une autre dimension. Ce n’est plus seulement un sommet statistique : c’est un indicateur de la manière dont le changement climatique commence à modifier l’économie électrique du Maghreb.

Les chiffres clés

  • 21 727 MW — record algérien du 18 août 2026.
  • +77 MW — hausse en vingt-quatre heures.
  • +1 099 MW — écart par rapport au record de 2025.
  • +30,4 % — progression par rapport au pic de 2022.
  • 4 records — enregistrés entre le 12 juillet et le 18 août 2026.
  • Près de 50 % — part du refroidissement dans la pointe électrique de la région MENA, selon l’AIE.