Tunisair fait mieux voler ses avions, mais pas encore ses comptes. Au deuxième trimestre 2026, la ponctualité progresse nettement, tandis que le carburant, la maintenance et l’endettement augmentent fortement. Un contraste qui résume les deux visages du redressement de la compagnie nationale.

Le signal opérationnel est encourageant : 54 % des vols de Tunisair ont enregistré moins de quinze minutes de retard au deuxième trimestre 2026, contre 39 % un an plus tôt. Soit un gain de 15 points de pourcentage. L’utilisation de la flotte progresse également de 15 %, à 9,97 heures par jour et par avion.

Mais derrière cette amélioration, les indicateurs financiers racontent une histoire beaucoup moins confortable.

Le trafic ne suit pas encore

Tunisair a transporté 656 248 passagers entre avril et juin, soit 1 % de moins qu’au deuxième trimestre 2025. La compagnie attribue ce recul au déclenchement du conflit dans la région du Golfe. Son coefficient de remplissage recule parallèlement de 75,2 % à 71,6 %.

Les revenus de l’activité passage restent pratiquement stables : 393 millions de dinars (MD), contre 394 MD un an auparavant.

Le contraste est donc clair : les avions sont davantage utilisés et plus ponctuels, mais l’amélioration opérationnelle ne se traduit pas encore par une hausse des recettes trimestrielles.

Sur l’ensemble du premier semestre, la tendance est toutefois un peu plus favorable. Tunisair a transporté près de 1,197 million de passagers, contre 1,156 million un an plus tôt, tandis que les revenus passage progressent de 709 à 724 MD.

Carburant : la facture double presque

C’est du côté des charges que l’écart devient spectaculaire.

Les dépenses de carburant atteignent 164 MD au deuxième trimestre, contre 85 MD un an auparavant, soit une hausse de 93 %. Tunisair explique cette poussée par la flambée du Brent et surtout par l’élargissement du crack spread entre pétrole brut et kérosène. Selon la compagnie, le prix moyen de la tonne de Jet A-1 a quasiment doublé sur la période.

Autre poste sous pression : l’entretien et les réparations, qui passent de 8 à 29 MD, soit +263 %. Le rapport ne détaille pas les raisons de cette augmentation.

À eux seuls, carburant et maintenance représentent ainsi 193 MD au trimestre, contre 93 MD un an plus tôt.

Une dette désormais à 728 MD

La pression se retrouve aussi au bilan. L’endettement atteint 728 MD, contre 594 MD un an auparavant et 674 MD à fin 2025. Tunisair relie cette hausse à de nouveaux crédits contractés en 2025 et début 2026. Les charges financières passent, elles, de 6 à 11 MD sur le trimestre.

La liquidité progresse néanmoins à 153 MD, contre 90 MD un an auparavant.

Le redressement de Tunisair ne se joue donc plus uniquement sur la ponctualité. Le prochain test sera financier : transformer une meilleure utilisation de la flotte en davantage de recettes, alors que carburant, maintenance et dette absorbent une part croissante des marges de manœuvre.

Les chiffres clés

54 % — taux de ponctualité au T2 2026, contre 39 % un an auparavant
656 248 — passagers transportés au deuxième trimestre, -1 %
393 MD — revenus de l’activité passage, contre 394 MD
164 MD — dépenses de carburant, contre 85 MD
29 MD — entretien et réparations, contre 8 MD
728 MD — endettement à fin juin 2026
153 MD — liquidités et équivalents de liquidité
19 appareils — nombre d’avions en exploitation