Face aux difficultés rencontrées, ces dernières années, et jusqu’à ce jour, pour satisfaire les besoins des tunisiens en eau potable et en eau d’irrigation, le gouvernement en place, sans fournir beaucoup d’efforts pour remédier à la situation, va, pourtant récolter, d’ici la fin de cette année, les fruits d’importants ouvrages hydrauliques planifiés depuis l’ère de l’ancien dictateur Ben Ali.
A l’évidence, la mise en exploitation incessante de trois barrages d’une capacité totale de 290 millions de m3 constitue une bouffée d’oxygène de grande importance surtout lorsqu’on se rappelle que l’état de « sécheresse » a été reconnu comme calamité naturelle pour la campagne agricole 2023-2024 dans 12 gouvernorats.
Ainsi, sur cinq barrages dont la mise en eau a été promise, pour 2025, par l’actuel ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, trois seront probablement achevés d’ici fin 2026 avec deux ans de retard.
Trois barrages d’une capacité totale de 290 Millions de m3 seront mise en eau d’ici fin 2026
Il s’agit des barrages réservoirs : Mellegue supérieur dans le gouvernorat du kef (200 millions de mètres cubes), Douimiss dans la région de Bizerte(45 millions de mètres cubes ) et du barrage de Kalâa Kbira dans le gouvernorat de Sousse(50 millions de mètres cubes.
En intensifiant, ces dernières semaines, le contrôle des chantiers de construction de ces barrages, les autorités hydrauliques veulent profiter de la prochaine saison des pluies pour commencer rapidement le remplissage de la retenue. L’enjeu est donc de finaliser les dernières étapes du chantier avant l’arrivée des précipitations afin de valoriser pleinement les apports hydriques.
Les barrage-réservoirs étant des ouvrages hydrauliques qui combinent deux fonctions principales. D’une part, ils servent de barrage en béton permettant de retenir l’eau d’un cours d’eau pour réguler son débit et prévenir les inondations. D’autre part, ils constituent un réservoir d’eau dont le volume est stocké derrière le barrage. Cette réserve d’eau peut être utilisée pour diverses applications, telles que l’irrigation des terres agricoles, l’alimentation en eau potable ou encore la production d’énergie hydroélectrique.
Ces informations sont fournies à l’occasion de visites de terrain effectuées, durant cette période estivale, par les cadres du département hydraulique et du ministre de l’agriculture.
Barrage mellegue 2, œuvre des chinois, sera opérationnel, en principe, le 15 septembre prochain
Concernant le barrage Mellegue supérieur ou Mellegue 2, sa mise en exploitation est prévue, en principe, pour le 15 septembre 2026. C’est du moins si on ose croire une autre fois le ministre de l’agriculture, des ressources hydrauliques et de la Pêche.
D’un coût estimé à 276 millions de dinars, cet ouvrage, construit par la société chinoise de construction hydroélectrique Sinohydro, remplacera l’ancien barrage de Mellègue-Nebeur et permettra de mieux mobiliser les eaux du bassin de la Medjerda.
Les agriculteurs de la région du kef attendent avec impatience ce barrage. Et pour cause : il permettra de créer de nouvelles zones irriguées couvrant près de 13 000 hectares dans les délégations de Sakiet Sidi Youssef, Thala et Kef Ouest, tout en contribuant à la protection de plusieurs villes du Nord-Ouest contre les risques d’inondation.
Le barrage Douimis va renforcer, par l’effet des transferts, le barrage de Sejnane
S’agissant du barrage Douimis, dans le gouvernorat de Bizerte, il entrera en exploitation avant la fin de l’année 2026, selon Fayçal Khemiri, chargé de la gestion de la Direction générale des barrages et des grands travaux hydrauliques (DGBGTH).
Cet ouvrage permettra de mobiliser près de 45 millions de m³ d’eau, qui seront transférés vers le barrage de Sejnane via le système de transfert des eaux du Nord. Objectif recherché : renforcer l’approvisionnement en eau potable et en eau d’irrigation au profit des gouvernorats de Bizerte, du Grand Tunis, du Cap Bon, du Sahel et de Sfax.
Lors de sa visite au chantier du barrage de Douimis, Khemiri a présidé une séance de travail réunissant le groupement d’entreprises, les bureaux d’études et les équipes de supervision. L’accent a été mis sur la nécessité d’accélérer le rythme des travaux, de respecter les délais contractuels et de prendre toutes les mesures nécessaires pour achever le projet dans les délais prévus et le mettre en exploitation.
La mise eau du barrage de Kalaat Kebira va mettre fin au calvaire de la région du Sahel
Quant au barrage réservoir de Kalaat Kebira (50 millions de mètres cubes), il entrera en exploitation incessamment d’après le Président-Directeur Général de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), Abdelhamid Menja, sachant que le taux d’avancement des travaux est actuellement de l’ordre de 97 %.
Quant aux deux autres barrages promis pour 2025 et non encore achevés, en l’occurrence, le barrage réservoir Saïda dans la région de la Mannouba et le barrage Khalled dans la région de Béjà, ils font l’objet d’un suivi rigoureux de la part du chargé de la DGBGTH qui a effectué, le 6 Août 2026, une visite d’inspection du chantier.
D’une capacité de stockage d’environ 45 millions de m³, le barrage de Saïda constitue un projet stratégique destiné à renforcer le système de transfert des eaux du Nord et à contribuer à l’approvisionnement en eau potable du Grand Tunis, du Cap Bon, du Sahel et de Sfax.
En ce qui concerne le barrage khalled dans la région de Béjà, en chantier depuis 2013, il est situé sur l’Oued Khalled, affluent de l’Oued Medjerda, dans la région de Ain Jemmala (délégation de Téboursouk, Gouvernorat de Béja). Ce barrage constitue une infrastructure hydraulique majeure pour la région.
Cet ouvrage multifonctionnel, d’une capacité de 22 millions de mètres cubes permettra d’irriguer 1500 hectares de terres agricoles et de réduire les risques d’inondation dans la zone de Mejez El Bab.
Cinq autres barrages sont programmés d’ici 2030
Par delà ces ouvrages dont la mise en eau est imminente, il y a lieu de signaler que le département des ressources hydrauliques a aussi un programme pour les années à venir. Il a au programme, la réalisation, d’ici 2030, de cinq autres barrages. Il s’agit des barrages de Tessa (région du kef et Siliana), Raghai (gouvernorat de jendouba), Maleh Supérieur (Sud ouest de Bizerte), Ghezala (Région de jendouba) Siliana 1 et Boulâaba (Gouvernorat de kasserine).
Le programme du ministère prévoit aussi d’augmenter la capacité des différents barrages (Nebhana, Siliana, Barbara).
C’est pour dire au final qu’après plusieurs années marquées par une pression exceptionnelle sur l’alimentation des tunisiens en eau potable et en eau d’irrigation, le pays va pouvoir pousser un soupir de soulagement pour exprimer, du moins pour quelques années, sa libération de cette tension.
Concrètement la Tunisie, même si elle demeure confrontée aux effets du changement climatique, à l’irrégularité des précipitations et à la baisse des réserves des barrages, va enfin compter, sur cinq ans, sur la mise en exploitation imminente d’une dizaine de nouveaux barrages pour renforcer sa sécurité hydrique.
L’enjeu réside toutefois dans la bonne gouvernance de ces ouvrages et dans l’optimisation de leur utilisation. Ce qui représente un autre programme !!!
EN BREF
- Capacité additionnelle : 290 millions de m³ d’eau mobilisés d’ici fin 2026 grâce à trois nouveaux barrages.
- Projet phare : Le barrage Mellègue Supérieur (200 millions de m³, 276 MD) construit par le chinois Sinohydro entre en exploitation mi-septembre 2026.
- Réseau de transfert : Le barrage de Douimis (45 millions de m³) renforcera le système d’eau du Nord vers le Grand Tunis, le Cap Bon, le Sahel et Sfax.
- Sécurité du Sahel : L’ouvrage de Kalâat Kébira (50 millions de m³) est finalisé à 97 % et entamera sa mise en eau de manière imminente.
- Perspectives 2030 : Cinq autres barrages sont programmés pour compléter le maillage hydraulique national.


