
Occupant actuellement le poste d’ingénieure en hydrométéorologie à l’Institut national de la météorologie (INM), Khaoula Khemiri a déclaré, lors d’une cérémonie tenue à cette occasion au siège du ministère, que son étude porte sur la question du stress hydrique, qui représente l’un des principaux défis auxquels est confrontée la Tunisie, dans un contexte marqué par la baisse des ressources en eau et l’irrégularité des précipitations, parallèlement à une pression croissante liée à l’activité agricole.
Dans sa recherche, elle plaide en faveur de la mise en place d’une gestion intégrée des ressources en eau, appuyée par les technologies de l’intelligence artificielle (IA), permettant de croiser les différentes données, de coordonner les efforts des différents intervenants et d’améliorer le processus de prise de décision.
Menée à l’Institut national des recherches agronomiques de Tunisie (INRAT), relevant de l’Université de Carthage, cette étude vise à développer une approche basée sur l’IA permettant d’intégrer simultanément des données climatiques, satellitaires et hydrologiques, afin de mieux anticiper les risques et de renforcer la sécurité hydrique et alimentaire.
Selon la chercheuse, les résultats de sa recherche ont mis en évidence la capacité de l’IA à améliorer la qualité des données climatiques, contribuant ainsi à développer des outils plus précis pour comprendre l’évolution des ressources en eau et anticiper les risques qui y sont liés.
Le travail scientifique de Khaoula Khemiri a été retenu par le comité scientifique chargé d’évaluer les recherches candidates parmi 14 candidatures, à l’issue de deux phases d’évaluation.
La première phase a abouti à la sélection de cinq recherches considérées comme les meilleures, avant l’examen approfondi de chacune d’entre elles lors de la phase finale et la sélection du travail lauréat selon des critères scientifiques et objectifs.
Le président du comité scientifique chargé d’évaluer les recherches candidates, Walid Barhoumi, a indiqué que le processus d’évaluation s’est articulé autour de quatre axes principaux, portant notamment sur la qualité scientifique de la recherche, les solutions qu’elle propose ainsi que son caractère innovant et novateur.
L’évaluation a également pris en considération l’impact de la recherche sur les plans économique, social et environnemental, ainsi que sa contribution au développement à l’échelle nationale.
Le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées avait consacré le Prix de la meilleure recherche scientifique féminine au titre de l’année 2026 au thème « Les innovations de l’intelligence artificielle pour renforcer la sécurité hydrique et alimentaire ».
La ministre a expliqué que le choix du thème du prix cette année traduit la volonté de rapprocher la recherche scientifique des priorités nationales de développement et de valoriser le rôle joué par les femmes et les filles tunisiennes dans les domaines des sciences, des technologies, de la recherche et de l’innovation.
Jebri a, par ailleurs, souligné la présence importante des femmes tunisiennes dans l’enseignement supérieur et les filières scientifiques, précisant que les étudiantes représentent 66,8 % de l’ensemble des étudiants de l’enseignement supérieur public.
Selon elle, les femmes représentent 88,96 % des étudiants en sciences de la vie, 79,3 % en sciences physiques, 72,8 % dans les filières de la santé, 50,4 % en informatique et 47 % en ingénierie.
Les femmes représentent également 64,9 % des inscrits en doctorat et 72,5 % des étudiants en mastère de recherche, tandis que leur taux de participation au sein des structures de recherche et des laboratoires nationaux s’élève à 59 %.


