Dashboard MyInvestiaLe portefeuille boursier expérimental de WMC a clôturé la compétition MyInvestia le 28 mai 2026 avec une performance de +13,89 %, atteignant une valeur de 56 943 DT. Classé 377e sur 14 143 participants (Top 2,7 %), ce résultat repose sur une stratégie d’analyse fondamentale combinée à l’utilisation de l’intelligence artificielle.

À première vue, le bilan peut sembler contrasté.

D’un côté, le portefeuille termine dans le Top 2,7 % national et dégage une plus-value de près de 7 000 DT sur un capital initial de 50 000 DT. De l’autre, il reste en retrait par rapport au Tunindex, qui clôture la période sur une progression de 16,84 %.

Mais ce constat ne raconte qu’une partie de l’histoire.

Car l’objectif réel de cette expérience n’était pas uniquement de gagner un concours virtuel. Il s’agissait surtout de tester, dans des conditions proches du marché réel, une méthode de gestion fondée sur l’analyse fondamentale, les publications officielles de la BVMT, la discipline de portefeuille et l’assistance de l’intelligence artificielle.

Trois mois de marché, trois phases distinctes

La compétition a débuté début mars dans un environnement encore hésitant.

La première phase fut celle de la construction du portefeuille. Les arbitrages se sont concentrés sur les valeurs les plus liquides et les plus solides de la cote : banques, industrie, leasing et consommation.

La deuxième phase, entre avril et la première quinzaine de mai, a constitué le véritable moteur de performance. Plusieurs lignes se sont distinguées, notamment SOTUVER, dont le parcours restera le principal succès du portefeuille. Entrée autour de 16 DT, la valeur a dépassé temporairement les 30 DT avant de clôturer à 29 DT. À elle seule, elle a représenté plus de la moitié de la performance globale.

D’autres titres ont également contribué positivement : Amen Bank, Poulina Group Holding, Arab Tunisian Lease, One Tech ou encore TPR.

La troisième phase fut plus délicate. Après les assemblées générales et les détachements de dividendes, le marché tunisien est progressivement entré dans une logique de prises de bénéfices. À l’approche de l’Aïd et de la période estivale, les volumes se sont contractés et la dynamique haussière a perdu de son intensité.

C’est dans ce contexte que la décision a été prise de liquider progressivement la majorité des positions afin de préserver les gains accumulés.

Une leçon de gestion avant tout

Cette expérience rappelle une réalité souvent oubliée : la performance ne se construit pas uniquement grâce au choix des bonnes valeurs.

Elle dépend aussi de la capacité à gérer le risque, à accepter les corrections et à protéger les gains lorsque le cycle de marché s’essouffle.

Les derniers jours de compétition l’ont démontré. Alors que le portefeuille avait dépassé les 59 000 DT au plus haut, les corrections de marché ont rapidement effacé une partie des gains latents. La décision d’augmenter fortement les liquidités a permis d’éviter une dégradation plus importante du classement final.

L’intelligence artificielle comme copilote, pas comme pilote

L’un des enseignements les plus intéressants concerne l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la gestion de portefeuille.

L’IA s’est révélée particulièrement utile pour :

  • analyser rapidement les publications financières ;
  • identifier les tendances sectorielles ;
  • comparer les performances relatives ;
  • produire des scénarios d’arbitrage.

En revanche, elle ne remplace ni le jugement humain ni l’expérience du marché. Les décisions les plus importantes sont restées celles prises face aux réalités psychologiques du marché : euphorie, prises de bénéfices, gestion du timing et discipline de sortie.

Un premier test concluant

Avec une performance de près de 14 % en trois mois et une place dans le premier centile supérieur des participants, cette première expérience peut être considérée comme un succès.

Plus encore que le résultat chiffré, elle valide une méthode : diversification, discipline, suivi permanent des fondamentaux et utilisation raisonnée de l’intelligence artificielle comme outil d’aide à la décision.

La compétition s’achève.

L’apprentissage, lui, ne fait que commencer.

EN BREF

  • Valeur finale et gain net : Le portefeuille WMC termine la compétition MyInvestia à 56 943 DT, soit une plus-value de près de 7 000 DT sur une mise initiale de 50 000 DT.
  • Classement national : Une performance de +13,89 % qui positionne WMC à la 377e place sur 14 143 participants, s’inscrivant dans le Top 2,7 % des meilleurs gestionnaires.
  • Sous-performance relative : Le portefeuille reste en deçà du Tunindex (+16,84 %), un écart assumé en raison d’un profil de gestion axé sur la gestion du risque plutôt que sur la spéculation pure.
  • Le pivot SOTUVER : Véritable locomotive du portefeuille, le titre est passé de 16 DT à 29 DT, représentant à lui seul plus de 50 % de la performance globale de l’équipe.
  • Rôle de l’IA : L’intelligence artificielle a excellé dans l’analyse financière rapide et la génération de scénarios, mais s’est effacée derrière le jugement humain pour la gestion du timing et de la discipline de sortie.

🎯 Les 10 leçons

1. Le marché récompense la patience

Les meilleures performances n’ont pas été réalisées en quelques séances mais sur plusieurs semaines. Les gains les plus importants sont venus des titres conservés suffisamment longtemps pour laisser jouer leur potentiel.

2. La diversification reste la première protection

Répartir les investissements entre banques, industrie, leasing, technologie et consommation a permis d’amortir les périodes de volatilité et de limiter les erreurs individuelles.

3. Les résultats financiers restent le principal moteur des cours

Les hausses les plus significatives ont suivi les publications annuelles, les perspectives de croissance et les annonces stratégiques des entreprises.

4. Les dividendes créent des opportunités… mais aussi des pièges

La saison des AGO et des dividendes soutient généralement le marché. Mais une fois les dividendes détachés, les prises de bénéfices peuvent rapidement inverser la tendance.

5. Savoir vendre est plus difficile que savoir acheter

L’une des principales difficultés de l’investisseur est de sécuriser ses gains avant que le marché ne corrige. Plusieurs titres ont démontré qu’une partie importante des plus-values peut disparaître en quelques séances.

6. La liquidité est une arme stratégique

Conserver des liquidités permet de saisir rapidement de nouvelles opportunités et de réduire le risque lorsque les conditions de marché se détériorent.

7. Les meilleures valeurs ne sont pas toujours les plus médiatisées

Le grand gagnant du portefeuille a été SOTUVER. Une valeur industrielle discrète qui a largement surperformé de nombreux titres plus populaires.

8. L’intelligence artificielle améliore l’analyse mais ne remplace pas le jugement

L’IA accélère le traitement de l’information, identifie des tendances et aide à comparer les scénarios. La décision finale reste toutefois une responsabilité humaine.

9. Le calendrier boursier compte autant que les fondamentaux

Résultats annuels, assemblées générales, dividendes, fêtes religieuses, vacances d’été : autant d’événements qui influencent fortement le comportement des investisseurs.

10. Préserver le capital est aussi important que générer de la performance

La dernière phase de la compétition a confirmé une règle essentielle : une bonne gestion consiste autant à protéger les gains accumulés qu’à rechercher de nouvelles performances.

📌 Conclusion

En trois mois, le portefeuille WMC a progressé de 13,89 %, terminant dans le Top 2,7% des 14.143 participants. Plus qu’un classement, cette expérience confirme qu’une gestion disciplinée, fondée sur les fondamentaux, le contrôle du risque et l’utilisation intelligente des outils d’analyse, demeure la clé de la performance durable.