La commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, a levé le voile, vendredi, sur le plan d’action du nouveau Pacte pour la Méditerranée, adopté en octobre 2025 et officiellement lancé fin novembre dernier à Barcelone.

S’exprimant lors d’une conférence de presse en visioconférence, depuis Bruxelles, la Commissaire Šuica a affirmé la volonté de rompre avec les cadres de coopération traditionnels souvent “jugés trop théoriques”.

“Il ne s’agit pas d’un énième document administratif sur la coopération régionale”, a-t-elle insisté, relevant que le Pacte se veut un outil de suivi rigoureux des projets déjà annoncés, appuyé par une mobilisation de financements publics et privés.

Le plan d’action du nouveau Pacte comprend 21 mesures concrètes, articulées autour de trois axes stratégiques : l’humain, l’économie et la sécurité.

Université méditerranéenne et représentation des jeunes en projet Huit actions sont prévus dans le cadre du premier pilier du plan d’action du nouveau Pacte pour la Méditerranée, axé sur le volet humain. Parmi les principales initiatives phares, le lancement de l’Université méditerranéenne destinée à promouvoir l’excellence académique et la recherche entre les deux rives et l’élection d’une Assemblée parlementaire des jeunes, appelée à offrir une tribune structurée permettant aux jeunes représentants de contribuer aux politiques de coopération méditerranéennes.

Dans ce contexte, la Commissaire a précisé qu’une enveloppe de 11 millions d’euros a été allouée pour soutenir les échanges entre les établissements membres de cet espace universitaire méditerranéen qui englobera un réseau de dizaines de campus, coordonné par deux secrétariats, l’un au Nord et l’autre au Sud de la Méditerranée.

Pour le deuxième pilier, le pacte mise sur l’intégration et la durabilité, notamment par le biais de l’initiative “T-MED” dédiée aux énergies renouvelables et aux technologies propres.

Ce dispositif cherche à accélérer la modernisation des réseaux électriques tout en limitant les risques financiers pour les investisseurs.

Selon le plan d’action du nouveau Pacte, cette ambition technologique est doté d’un volet numérique, le “Tech Business Offer”, qui prévoit le renforcement des interconnexions par câbles sous-marins et une coopération étroite en matière de cybersécurité.

Le troisième pilier du Pacte, a-t-elle ajouté, comprend neuf actions majeures qui visent à répondre aux défis liés à la sécurité, à la préparation aux crises et à la gestion des flux migratoires.

Sécurité, crises et migration : neuf actions prévues dans le troisième pilier La commissaire européenne a annoncé que l’une des actions réside dans la création à Chypre d’un centre européen de lutte contre les incendies qui, pour la première fois, étendra son assistance aux pays de la rive sud.

Concernant la migration, l’Union européenne entend privilégier une approche globale, agissant sur l’ensemble des routes migratoires pour démanteler les réseaux de passeurs des migrants irréguliers tout en favorisant l’émergence de voies légales dans le cadre de projets visant à renforcer la migration circulaire entre les pays de l’espace méditerranéen.

Au terme de la conférence de presse, la Commissaire européenne a annoncé le lancement d’une plateforme numérique interactive pour permettre prochainement de mesurer l’impact réel et l’avancement de chaque projet, pays par pays, marquant ainsi une nouvelle ère dans les relations entre l’Union européenne et ses partenaires du Sud.

Pour rappel, le Pacte pour la Méditerranée, qui a été élaboré par la Commission européenne et le Service européen pour l’action extérieure, a été adopté en octobre 2025, avant son lancement officiel le 28 novembre 2025, à l’occasion du 30e anniversaire de la Déclaration de Barcelone.

Ce nouveau Pacte est présenté comme un cadre de coopération flexible, fondé sur le principe de responsabilité partagé, capable de s’adapter à un paysage géopolitique de plus en plus instable.