Plusieurs intervenants ont souligné, ce lundi, lors d’un colloque scientifique sur « Les femmes et les troubles du spectre autistique : vie quotidienne, prise en charge et partage des rôles au sein de la famille », l’importance du rôle de la famille, et en particulier de la femme, qu’elle soit mère ou sœur, dans la prise en charge des enfants atteints de troubles du spectre autistique, leur protection contre les effets de la stigmatisation sociale et leur intégration dans la société en tant qu’individus différents et non comme des personnes handicapées.

Dans son intervention intitulée « Les troubles du spectre autistique : le rôle de la famille et le partage des rôles », que le diagnostic de l’autisme est difficile pour les parents, en particulier pour la mère, qui peut alors ressentir de la culpabilité et un sentiment de défaillance. Elle a souligné qu’une étude scientifique réalisée par le service de pedopsychiatrie de l’hôpital en 2024 a mis en évidence une présence marquée de la mère lors de la première consultation de diagnostic (80 %), contre 15 % pour la de la mère et du père.
Elle a souligné l’engagement constant de la mère dans la prise en charge de l’enfant atteint du trouble du spectre autistique, ajoutant que les parents peuvent vivre un état de déni qui doit être respecté par les psychologues et évité en les formant à comprendre leurs enfants, à identifier leurs forces et leurs faiblesses pour les intégrer dans la société et les préparer à la vie scolaire et sociale.
De son côté, la psychologue pour enfants et adolescents, Dorsaf Aloui, a souligné dans son intervention intitulée « Le spectre autistique entre représentations sociales et stigmatisation » l’existence d’un fossé important entre les connaissances scientifiques modernes et l’acceptation sociale, ce qui conduit souvent à un retard de diagnostic, à une stigmatisation sociale et à des conséquences comportementales et psychologiques pour les enfants et les familles, estimant que la compréhension du trouble autistique détermine les stratégies d’intervention précoce, leur efficacité et leur rapidité permettant d’améliorer l’état de l’enfant atteint et de développer ses compétences.
La ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, Asma Jebri, a d’ailleurs souligné que le ministère a mis en place plusieurs programmes de mise à niveau et d’accompagnement à la vie conjugale et familiale ainsi qu’a l’éducation parentale, ainsi qu’une série de campagnes de sensibilisation visant à l’importance du partage des rôles au sein de la famille et à rappeler le devoir des parents de protéger leurs enfants des effets négatifs de l’espace numérique et de les préserver de la dépendance aux écrans, qui peut être l’un des facteurs de développement des troubles du spectre autistique.
Elle a ajouté que le lancement du programme national d’intégration des enfants atteints de troubles du spectre autistique dans les écoles maternelles publiques et privées en 2022 a permis d’augmenter le nombre d’enfants bénéficiaires de 314 à plus de 740 en 2025.
Jebri a souligné que le ministère avait publié en 2023 un guide destiné aux parents d’enfants atteints de troubles du spectre autistique afin de simplifier les connaissances et de renforcer leurs capacités dans l’accompagnement de leurs enfants, ainsi que de favoriser la coordination entre les différents acteurs du processus éducatif et de réadaptation.
Elle a estimé que ces efforts, malgré leur importance, demeurent insuffisants face à l’augmentation du nombre de cas recensés, ajoutant que le ministère s’efforce d’harmoniser les visions et de rassembler les différents acteurs issus des structures publiques et de la société civile, afin d’établir une approche nationale unifiée de l’intervention qui définisse les rôles de chaque partie.


