Le programme de « Ceinture verte », destiné à lutter contre la dégradation des sols et la désertification, dans le Centre et le Sud du pays, devrait être lancé dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, en 2027, moyennant un coût estimé à 30 millions de dinars.
D’une durée de cinq ans, ce projet concernera le Sud de Sidi Bouzid, notamment les délégations de Regueb, Mezouna, Meknessi, Sidi Ali Ben Aoun, selon le plan environnemental du gouvernorat dont le correspondant de l’Agence TAP a obtenu une copie.
Selon la carte de sensibilité à la désertification, le sol du gouvernorat de Sidi Bouzid se caractérise par une grande sensibilité à la désertification. En fait, environ 19,3% de la superficie du gouvernorat est fortement menacée par ce phénomène, tandis que 61,3% de la superficie totale de Sidi Bouzid est relativement menacée et 19,4% est stable et moins vulnérable à la désertification.
Le gouvernorat dispose d’un climat continental marqué par des variations importantes des précipitations, une hausse du taux d’évaporation et une activité des vents tout au long de l’année, outre la surexploitation des eaux souterraines et la dégradation de leur qualité. Tous ces facteurs impactent l’agriculture irriguée et causent le gaspillage de l’eau, compte tenu du manque des techniques d’économie d’eau. Par ailleurs, environ 300 mille hectares, dont 110 mille sont fortement sensibles à l’érosion, constituant des zones prioritaires d’intervention.
Annoncé une première fois lors de la Fête nationale de l’arbre en novembre 2025, le projet s’inscrit dans le Plan national de développement 2026-2030. Le programme « Ceinture Verte » comporte plusieurs projets locaux, régionaux et nationaux dans les zones semi-désertiques. Ces projets qui sont axés sur l’agriculture et la valorisation du milieu naturel, répondent aux enjeux climatiques.
Dans sa première phase, le programme est mis en œuvre dans les gouvernorats de Gabès, Gafsa, Sfax, Kairouan, Sidi Bouzid et Kasserine. Il porte sur la remise en état des terres agricoles, pastorales, forestières et des marais salants, l’augmentation de la productivité des terres, le développement du littoral et la promotion de l’économie bleue.
Le projet vise également à instaurer une collaboration avec les populations locales et les propriétaires des terres, notamment les petits et grands agriculteurs et les pêcheurs, en vue de mobiliser les ressources en eau, y compris les eaux usées traitées, pour leur réutilisation et leur valorisation, outre la rationalisation et la valorisation de tous les déchets, tels que la margine.
Le programme porte aussi sur le renforcement du programme d’énergie renouvelable, l’adaptation au changement climatique et le renforcement des chaînes de valeur des produits forestiers, pastoraux et des arbres fruitiers, outre la création d’emplois verts pour la remise en état des terres et l’amélioration des conditions de vie des populations.


