
La sécurité alimentaire de la Tunisie n’est plus une simple question de récoltes ; elle est devenue un impératif de souveraineté nationale. Selon le rapport de l’ITES (2023), le pays fait face à une “polycrise” mêlant raréfaction des ressources en eau, morcellement des terres et volatilité des prix internationaux, exacerbée par le conflit russo-ukrainien.
Un secteur en pleine mutation structurelle
Si l’agriculture primaire a vu sa part relative diminuer dans le PIB national depuis les années 1960, l’industrie agroalimentaire et la distribution ont pris le relais, créant une chaîne de valeur plus complexe. Aujourd’hui, le système ne se limite plus aux champs : il englobe la logistique, la transformation industrielle et une gouvernance de plus en plus sollicitée par la gestion des stocks stratégiques et des subventions.
Les piliers de la vulnérabilité
Le diagnostic est sans appel. Le secteur souffre de maux structurels profonds : un vieillissement de la population agricole, une faible adoption des technologies de pointe et une dépendance préoccupante aux intrants étrangers. Le changement climatique agit comme un accélérateur de particules, dégradant les sols et accentuant un stress hydrique déjà alarmant.
L’horizon 2035 : Le virage du “Nexus” et de la territorialisation
Pour garantir sa résilience, la Tunisie mise sur l’approche « Nexus » — une coordination inédite entre l’eau, l’énergie et l’agriculture. L’objectif est clair : passer d’une logique de volume à une logique de durabilité. Cela implique le développement de Systèmes Alimentaires Territorialisés (SAT), favorisant les circuits courts et une gouvernance locale, tout en intégrant le dessalement et les énergies renouvelables pour réduire les coûts de production.
EN BREF
- Poids Économique : L’agriculture représente moins de 10 % du PIB actuel (contre 30 % en 1960).
- Dépendance Critique : Forte vulnérabilité aux marchés mondiaux pour les céréales et les intrants.
- Défis Majeurs : Stress hydrique, vieillissement des agriculteurs et morcellement des terres.
- Vision 2035 : Transition vers l’agroécologie et l’approche “Nexus” (Eau-Énergie-Agriculture).
- Leviers de Croissance : Digitalisation, dessalement et modernisation de l’industrie agroalimentaire.


