Le Conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT) a décidé, lors d’une réunion tenue lundi, de maintenir son taux directeur inchangé à 7 %.

Le Conseil a réaffirmé sa vigilance et se tient prêt pour ajuster les instruments à sa disposition afin de préserver le processus désinflationniste et de maintenir l’inflation à des niveaux soutenables, indique un communiqué publié par la BCT.

La réunion a permis d’examiner l’évolution récente de la conjoncture économique et financière, tant à l’échelle internationale que nationale, ainsi que les perspectives de l’inflation.

Sur le plan national, après plusieurs mois de ralentissement, le processus désinflationniste a marqué une pause en février 2026, le taux d’inflation ayant atteint 5% contre 4,8% un mois auparavant.

Cette évolution a résulté principalement du renforcement des prix des produits alimentaires frais, dont le rythme de progression s’est établi à 11,4% en février 2026, contre 10,3% le mois précédent, a expliqué la même source.

Par ailleurs, l’inflation des produits à prix administrés a faiblement évolué en février, à 0,8%, dans un contexte de maintien du gel des prix de la plupart des produits prépondérants. En revanche, l’inflation sous-jacente, mesurée par l’indice des prix « hors produits alimentaires frais et produits à prix administrés », a enregistré une légère détente, revenant à 4,8% en février 2026 contre 4,9% un mois auparavant.

Au niveau du secteur extérieur, le déficit courant s’est atténué à 309 MD (ou 0,2% du PIB) au terme du mois de février 2026, contre 1388 MD (ou 0,8% du PIB) un an auparavant.

Cette amélioration reflète la bonne tenue des différents postes de la balance courante, notamment, la réduction du déficit commercial, de 733 MD, par rapport à fin février 2025, pour s’établir autour de 2,8 milliards de dinars.

Les flux des recettes touristiques et des revenus de travail se sont maintenus dynamiques durant les deux premiers mois de 2026, contribuant à soutenir les équilibres extérieurs, a-t-on ajouté.

Les avoirs nets en devises se sont stabilisés au voisinage de 25,1 milliards de dinars (ou 106 jours d’importation) à la date du 26 mars 2026, contre 23 milliards (ou 101 jours d’importation) un an auparavant.

Les pressions inflationnistes d’origine externe se sont récemment accrues et risquent de se transmettre dans la chaine de formation des prix.

A l’échelle internationale, la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie et des engrais qui en découle ont fortement perturbé les marchés et accentué les anticipations d’une remontée de l’inflation à l’échelle mondiale.

Les prix internationaux des principaux produits de base et des matières premières ont enregistré des hausses marquées au cours du mois de mars 2026, après plusieurs mois d’accalmie.

La persistance de la crise de l’énergie devrait continuer d’alimenter le renchérissement des prix des produits de base et des coûts de production, avec des effets de diffusion attendus sur les prix à la consommation, a estimé la même source.

A cet égard, la durée et l’intensité des tensions géopolitiques au Moyen-Orient constituent des facteurs de risque majeurs pour les perspectives de l’inflation et, par conséquent, pour l’orientation future des politiques monétaires des banques centrales.