“La consolidation des liens familiaux et la promotion des valeurs religieuses et humaines demeurent le meilleur moyen de garantir la cohésion et l’équilibre au sein de la famille et de la société”, ont souligné à l’unanimité les participants à une conférence sur “les liens familiaux en Islam”, organisée, jeudi, par le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Séniors au siège du Centre de Recherches, d’Etudes, de Documentation et d’Information sur la Femme (CREDIF).

Selon les intervenants “les mutations sociales et culturelles rapides que connaît aujourd’hui le monde, ainsi que la montée des phénomènes de violence et de désintégration familiale, rendent indispensable le retour aux valeurs de dialogue, de respect et de solidarité afin de préserver la cohésion familiale et la stabilité de la société”.

S’exprimant à cette occasion, la cheffe de l’unité de veille et du numéro vert à l’Observatoire national de lutte contre la violence à l’égard des femmes, Rebha Ben Hussein, a indiqué que les cas de violence familiale ont augmenté ces dernières années.

Elle a estimé que cette situation s’explique notamment par le recul des valeurs fondamentales au sein de la famille, ainsi que par l’essor massif des technologies modernes, qui ont conduit chaque individu à vivre dans un univers virtuel parallèle, contribuant ainsi à la diminution du dialogue familial et à l’affaiblissement des liens entre ses membres.

Elle a également souligné la nécessité traiter le phénomène de la violence conjugale qui constitue l’une des formes les plus marquantes de violence au sein de la famille et l’un des principaux facteurs de désintégration familiale.

La responsable a précisé que l’Observatoire national de lutte contre la violence à l’égard des femmes et le ministère de la Famille œuvrent à la mise en place d’une approche nationale participative visant à produire un discours de lutte contre la violence, fondé sur une vision prospective destinée à trouver des solutions durables pour éradiquer la violence dans les relations familiales.

De son côté, Sahbi Ben Mansour, professeur conférencier à l’Université Ezzitouna, a expliqué que le Coran accorde une grande importance à la famille, qu’il considère comme le socle de la cohésion sociale.

Il a souligné que cette attention se manifeste notamment par la présence de sept sourates coraniques portant des enseignements valorisant la famille et les liens de parenté en général, parmi lesquelles sourate An-Nissa, sourate Maryam et sourate Al-Isra, qui contiennent des orientations claires appelant à la justice entre les époux, à la miséricorde entre parents et enfants, ainsi qu’à la bienveillance envers les proches et au maintien des liens de parenté.

Il a ajouté que ces valeurs coraniques fondées sur l’affection, la compassion et la solidarité demeurent aujourd’hui le seul refuge capable de restaurer la cohésion et la solidité de la famille et de la préserver des menaces extérieures susceptibles de l’ébranler, dans un contexte marqué par la montée des signes de désintégration familiale et l’affaiblissement des liens de parenté.

Dans une allocution prononcée à cette occasion, la ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Séniors, Asma Jebri, a indiqué que le département a entamé l’élaboration du Plan national de renforcement de la cohésion familiale à l’horizon 2035, appuyé par un plan d’action quinquennal pour la période 2026-2030.

Ce plan mettra particulièrement l’accent sur la préparation des jeunes à la vie conjugale, comme démarche préventive pour limiter les phénomènes de désintégration familiale.

Elle a, en outre, expliqué que la stabilité sociale ne peut être atteinte sans assurer un soutien matériel à la famille, précisant que le ministère œuvre, dans ce sens, en combinant l’insertion économique et l’appui social à travers plusieurs programmes, dont le programme « Samida » destiné à soutenir les victimes de violence et à favoriser l’intégration économique des mères d’élèves, des artisanes et des membres des familles, contribuant ainsi à leur assurer des sources de revenus et à renforcer la sécurité familiale.

Elle a ajouté que cette approche s’inscrit également dans le cadre de la promotion du concept de « vieillissement actif », qui vise à transformer les personnes âgées de simples bénéficiaires de soins en acteurs dans la transmission des expériences au sein de la famille, à travers le mécanisme de “placement familial”, ce qui contribue à renforcer la solidarité intergénérationnelle et à faire de la famille un partenaire social et économique actif.