A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes (8 mars), un cycle cinématographique baptisé  “Femmes cinéastes des pays du Maghreb” se tiendra du 4 au 9 mars 2026 au Cinéma Chaplin Denfert à Paris, à l’initiative du  Festival du film franco-arabe “le Maghreb des Films”. Ce cycle met à l’honneur les réalisatrices du Maghreb, avec une attention particulière portée aux cinéastes tunisiennes, pionnières dans l’émergence d’une cinématographie féminine après les indépendances.

Nées dans le sillage d’événements géopolitiques, en l’occurrence l’indépendance de la Tunisie en 1956, de l’Algérie en 1962 et du Maroc la même année, les cinématographies maghrébines ont d’abord été façonnées par un regard majoritairement masculin. Le cinéma colonial, souvent produit depuis l’extérieur, laissait peu de place aux femmes derrière la caméra. Les indépendances ont toutefois ouvert un espace de création, lent mais décisif.

En Tunisie, Salma Baccar ouvre la voie dès 1967 avec le court métrage “L’Eveil”, posant un acte fondateur pour le cinéma féminin tunisien. Ce premier geste inaugure une dynamique durable qui fera de la Tunisie l’un des territoires les plus précoces d’affirmation des regards féminins au Maghreb.

Cette centralité du cinéma tunisien au féminin se reflète dans la programmation de cette manifestation. Le public pourra dans ce contexte découvrir le court-métrage “Peau de colle” (2013) et le long métrage “La Belle et la Meute” (2017) de Kaouther Ben Hania, œuvre marquante qui a largement contribué à la reconnaissance internationale du cinéma tunisien contemporain et à la visibilité des thématiques liées aux droits des femmes.