Le président de la République, Kais Saïed, a effectué, mardi, après-midi, une visite au siège de la société Ellouhoum à el Ouardia.

Lors de cette visite, le chef de l’Etat s’est enquis du déroulement des activités de cette société dont la création remonte à 1961 et a eu des échanges avec nombre de responsables au sujet des irrégularités et des abus constatés au niveau de la gestion de l’entreprise, dont notamment, les dossiers de corruption.

Dans une vidéo publiée via la page officielle Facebook  de la présidence de la République, le chef de l’Etat a affirmé que les infractions relevées ainsi que les marchés suspects liés à cette société sont documentés, ajoutant que l’intention était depuis les années 90 de céder la société Ellouhoum à travers le changement de son statut juridique.

Ces infractions et agissements illicites se sont poursuivis même après 2010, a regretté le chef de l’Etat, faisant porter la pleine et entière responsabilité de la situation actuelle de la société aux différentes parties concernées.

Il a à ce propos fustigé les pratiques d’abattage des femelles bovines et ovines dans le dessein d’éliminer le cheptel et la production en Tunisie, dénonçant l’absence des mesures d’hygiène, la propagation des maladies dans l’abattoir de la société et la détérioration des équipements utilisés.

Face à cette situation lamentable, le président Saïed a souligné qu’il est du droit de chaque citoyen tunisien de consommer de la viande à des prix préalablement fixés par l’État, pointant l’implication de plusieurs réseaux liés à des parties au sein de l’administration et de l’abattoir de la société dans la vente de viande non abattue et avariée.

Par ailleurs, le président de la République est revenu sur les tentatives de cession de la société Ellouhoum depuis 1996 aux particuliers et aux banques, affirmant que la mise en œuvre du projet de cession de cette entreprise a été lancé à travers l’intervention de plusieurs personnes et sociétés qui se sont évertuées à faire perpétuer la corruption et à mobiliser des fonds pour la réalisation d’études qui n’ont jamais vu le jour.

Evoquant l’actualisation du statut de la société, le chef de l’Etat a précisé que l’objectif sous-tendant cette mesure n’était pas de procéder à la mise à jour de ce statut mais plutôt d’aboutir à la cession de la  société elle-même.

Il a, à ce propos, fustigé plusieurs pratiques illégales, dont notamment, les pressions exercées récemment sur nombre de responsables afin d’importer de la viande de l’étranger, estimant qu’il s’agit d’un “vaste complot” visant le pays.

Face à la montée en puissance de la corruption, le président Saïed a réaffirmé l’engagement inflexible à purger les établissements et les entreprises publics de l’Etat des corrompus, réitérant son rejet catégorique de procéder à leur vente ou cession.

Plusieurs sociétés ont effectivement repris leurs activités, a rappelé le président Saïed, assurant que les efforts sont en cours pour remettre en marche les autres, telles que la Société tunisienne du sucre et la société tunisienne de sidérurgie Elfouladh.

Dans le même contexte, le président de la République a mis l’accent sur le rôle des entreprises et des offices dans la régulation des prix, faisant état d’un suivi assidu et quotidien des prix de la viande et autres produits sur le marché.

Dans le cadre de sa visite, le chef de l’Etat s’est rendu aux locaux de la société Ellouhoum qui fait encore objet d’une décision de liquidation où il a inspecté les conditions au sein de l’entreprise ainsi que l’état délabré des équipements longtemps négligés.

Ensuite, le président Saïed s’est au marché de Bab El Fellah où il a échangé avec les vendeurs et écouté les préoccupations des citoyens, réaffirmant l’engagement de l’Etat à poursuivre sans relâche son rôle social jusqu’à ce que les revendications des Tunisiens dans tous les domaines soient satisfaites.

Il a, à ce propos, promis qu’il n’y aura aucune tolérance envers ceux qui se sont emparés des richesses du pays, assurant que le peuple tunisien ne sera jamais une proie facile aux mains de qui que soit, dès lors que la loi est l’arbitre devant lequel tous sont égaux.