
La première serait, selon certains députés, le manque constaté sur le marché et la pression exercée actuellement sur le produit serait due à l’élimination d’une cargaison de sucre importée avariée. Il s’agit, en principe, -bien en principe- d’un accident de passage, voire d’un problème conjoncturel.
Averti avant le mois de Ramadhan, le ministère du commerce aurait pris ses précautions. Il a informé le parlement qu’il a programmé pour les mois de février et mars 2026 (période du mois de ramadhan) des quantités spécifiques de 32 mille tonnes.
A noter que les besoins du marché tunisien sont estimés à environ 360 mille tonnes de sucre par an.
Les Tunisiens sont classés comme de grands consommateurs de sucre en se référant aux moyennes mondiales de consommation, avec environ 15 kilogrammes par an et par personne.
Le marché souffre d’un manque important de cette denrée de base pour 2 raisons essentielles : l’impact des prix élevés sur le marché mondial, et l’incapacité des trois usines locales à suivre le rythme des besoins des consommateurs. Ces usines étant celles de Béja, de Jendouba et de Bizerte.
La sucrerie de Béjà reprend service
La deuxième raison qui milite en faveur de la relance de l’industrie sucrière est perceptible à travers la réouverture probable, le 23 février 2026, de la sucrerie de Béjà. Fondée en 1962, la Société tunisienne du sucre avait interrompu ses activités en raison de problèmes liés à la qualité du produit et à l’usure de certaines composantes industrielles.
En déplacement, le 19 février 2026 dans le gouvernorat de Béjà, la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, l’a annoncée.
À l’arrêt depuis juin 2024, après des tentatives de réouverture à plusieurs reprises, l’usine qui a bénéficié d’une partie des fonds de sa structuration (16 millions de dinars) serait enfin fin prête pour reprendre la production. Les fonds mobilisés ont servi à remettre l’outil industriel sur pied : réparations, acquisition de nouveaux équipements et ajustements techniques…
Un programme de restructuration plus large est également dans les cartons, avec un volet environnemental présenté comme central, afin de garantir la viabilité à long terme de cette entreprise publique stratégique.
De nouveaux horizons pour l’industrie sucrière
Plus intéressant encore, plusieurs indices montrent que l’industrie sucrière fleuron de l’industrie du pays dans les années soixante est en train d’être relancée sur des bases solides, affirme-t-on.
Le premier indice est perceptible à travers la décision de la Générale Industrie du Nord (GINOR), unique sucrerie de betterave à sucre en Tunisie de relancer cette culture industrielle et de procéder à son extension géographique. Elle va l’étendre du nord ouest au centre et au sud du pays.
Encouragée par les résultats positifs des essais expérimentaux de culture de betterave dans les gouvernorats de Sidi Bouzid, Kasserine, Gafsa, Tataouine, Mahdia, Kairouan et Gabès. Ginor cible plus de 3000 hectares lors de la prochaine campagne, dont environ 1000 hectares dans le centre et le sud.
Entendre par là, plus de moyens pour contribuer de manière significative à l’autosuffisance du pays en matière de production du sucre et à l’approvisionnement du marché en ce produit national en sucre, ce qui fera oublier aux tunisiens les désagréables pénuries connues il y a quelques années.
Seule zone d’ombre dans cette euphorie de relance de l’industrie sucrière, la poursuite de la fermeture depuis décembre 2023, de la sucrerie de Bizerte.
Cédée, après 2011, de manière « irresponsable » et « apatride » à un investisseur étranger, l’activité de cette sucrerie spécialisée partiellement dans l’exportation, relève de la haute sécurité alimentaire de l’Etat. Elle gagnerait à être récupérée en urgence par l’Etat. C’est en principe un des rôles dévolus à la Caisse de dépôt et de consignation (CDC), bras financer de l’Etat.
Abou SARRA
Chiffres Clés
| Indicateur | Donnée |
| Consommation annuelle | 360 000 tonnes |
| Consommation par habitant | 15 kg / an |
| Investissement Béjà | 16 Millions de Dinars |
| Objectif Culture (Ginor) | 3 000 Hectares |

