L’Institut National de la Statistique (INS) vient de lever le voile sur les performances économiques de la Tunisie pour l’exercice 2025. Avec une croissance annuelle établie à 2,5 %, le pays affiche une résilience réelle mais contrastée, portée par une consommation intérieure solide et un secteur agricole en plein essor, compensant la léthargie persistante des secteurs minier et énergétique.

Un atterrissage en deçà des ambitions initiales

Malgré une accélération notable au quatrième trimestre (2,7 %), la croissance globale de 2,5 % pour l’année 2025 reste inférieure aux prévisions gouvernementales et institutionnelles. Ce rythme, bien qu’encourageant dans un contexte régional complexe, souligne les limites structurelles d’une économie qui peine encore à retrouver ses moteurs de croissance d’avant-crise.

L’agriculture et l’industrie : les nouveaux poumons de l’économie

L’activité économique repose aujourd’hui sur un socle moteur : la consommation. Parallèlement, l’agriculture s’impose comme le véritable “sauveur” de la balance commerciale. Fin janvier 2026, le secteur affiche un excédent record de 424,9 MD, avec un taux de couverture exceptionnel de 190,3 %. Cette performance est portée par une baisse drastique de 32,5 % des importations alimentaires, malgré une baisse des prix à l’exportation pour l’huile d’olive (11,94 DT/kg) et la tomate.

Les zones d’ombre : énergie et mines en retrait

Le tableau économique n’est cependant pas sans taches. Les secteurs de l’énergie et des mines demeurent en retrait, pesant sur la productivité nationale. Le déficit commercial global, bien que réduit de 33 % grâce aux performances agricoles, reste élevé en ce début d’année 2026, rappelant l’urgence de réformes structurelles, notamment autour du Code des changes et de la facturation électronique, dont les sanctions pourraient être reportées à 2027.

EN BREF

  • Croissance 2025 : Établie à 2,5 %, soutenue par un T4 à 2,7 %.
  • Moteur principal : La consommation intérieure reste le pilier de l’activité.
  • Agriculture performante : Excédent alimentaire record de 424,9 MD (janvier 2026).
  • Points de vigilance : Secteurs mines et énergie en stagnation ; déficit commercial persistant.
  • Agenda législatif : Auditions à l’ARP sur le Code des changes et la facturation électronique.