La Tunisie entame cette année une phase intensive d’investissement dans les infrastructures routières, avec le lancement de 16 nouveaux projets d’un coût de près de 2,8 milliards de dinars, et ce, parallèlement à 80 projets nationaux en cours d’une valeur de 4,2 milliards de dinars.
En effet, l’enveloppe dédiée aux ponts et aux routes devrait atteindre près de 7 milliards de dinars en 2026, a fait savoir le ministre de l’Équipement et de l’habitat, Salah Zouari, lors d’une séance de débat organisée, vendredi 20 février 2026, au Conseil national des régions et des districts (CNRD).
Ces chiffres reflètent la volonté de faire des infrastructures de base un levier d’impulsion de la croissance économique, et ce, dans un contexte où la relance de la dynamique économique, l’amélioration de la croissance et la réponse aux attentes des citoyens en matière d’amélioration de la mobilité entre les régions et les districts et la sécurité routière, demeurent primordiales.
L’année 2026 se veut décisive, non seulement à travers l’achèvement de dizaines de projets, mais aussi par la capacité de l’État à transformer les infrastructures en moteur durable de croissance vu que les routes ne sont pas de simples voies de passage, mais un indicateur révélateur de la qualité des choix économiques et de la capacité du pays à investir efficacement et durablement dans son avenir, conformément au programme du budget économique pour 2026.
Le gouvernement vise, dans ce cadre, à renforcer l’attractivité des régions pour attirer les investissements, à stimuler la croissance et l’emploi, à renforcer la compétitivité des entreprises économiques et à réduire les disparités régionales grâce à ces investissements routiers qui devront faciliter les déplacements, des opérateurs économiques et des citoyens, leur accès au travail ainsi qu’aux différents services de santé, sociaux, éducatifs et culturels, contribuant ainsi à l’amélioration de la qualité de vie, à la création de sources de revenus et à la lutte contre la pauvreté.
Des mégaprojets renforçant les axes économiques
Parmi les projets les plus importants qui devront être lancés prochainement figure le doublement de la route nationale n°2 reliant Enfidha et Kairouan, pour un coût de 300 millions de dinars. Les travaux devraient démarrer effectivement, au cours du premier semestre de l’année en cours, après la finalisation des procédures contractuelles avec le promoteur.
Il s’agit également du projet de doublement de la route nationale n°13, qui constitue un axe économique stratégique reliant Kasserine à Sidi Bouzid jusqu’à Sfax, d’un coût estimé à 1,4 million de dinars. L’appel d’offres sera lancé, au cours des semaines à venir, avait indiqué le ministre.
Ce projet comporte des projets complémentaires, notamment 115 km de pistes rurales sur le long de cette route de 180 km, ainsi que d’autres projets exécutés en parallèle.
À Zarzis, les travaux de la route ceinture devront être lancés, après ce mois de Ramadan. D’un coût de plus de 100 millions de dinars, le projet permettra de réduire la pression sur le trafic routier et de soutenir les activités commerciale et touristique de la région.
Les efforts ne se limitent pas aux nouveaux projets, ils portent aussi sur le renforcement d’environ 188 km de routes numérotées dans les gouvernorats de Gafsa, Siliana, Kasserine, Le Kef, Sousse, Kairouan et Sfax, ainsi que la réalisation de sept ponts dans les gouvernorats de Béja, Nabeul, Gabès, Monastir et Ben Arous, en plus du projet de la route régionale n°77 dans le gouvernorat de Siliana entre Makthar et El Hebabsa.
Actuellement, le ministère de l’Équipement se penche sur le lancement des appels d’offres de plusieurs projets de renforcement, notamment la route régionale n°96 dans le gouvernorat de Mahdia et la route locale n°899 dans le gouvernorat de Gafsa (la sélection du promoteur est en cours), ainsi que des projets concernant les pistes rurales dans plusieurs gouvernorats, selon le ministre.
Ces projets s’ajoutent aux 80 projets nationaux en cours d’exécution, financés à hauteur de 4,2 milliards de dinars, d’où une enveloppe totale de 7 milliards de dinars, en 2026, pour les ponts et routes.
Selon le ministre, l’année 2026 sera marquée également par l’achèvement de 65 projets routiers.
Pour illustrer l’importance du secteur des routes, des ponts et des pistes rurales, la stratégie du secteur repose, selon le programme du gouvernement dans le budget économique, sur la maintenance des infrastructures routières et des pistes rurales déjà réalisés, ainsi que sur le développement du réseau des autoroutes, routes et pistes rurales.
Il convient de rappeler, qu’au cours de 2025, la priorité a été accordée à l’exécution des projets et programmes en cours, dans les infrastructures routières, parallèlement au lancement de nouveaux projets, avec des investissements d’environ 1 138 millions de dinars au titre des routes et ponts.
En dépit de ce rythme ascendant, le secteur fait face à plusieurs défis, dont l’insuffisance des ressources allouées à la maintenance des infrastructures de base, l’absence d’un fonds dédié au financement de l’entretien des routes et pistes rurales, ainsi que les difficultés liées à l’expropriation foncière, malgré la promulgation du décret n°65 de 2022 modifiant la loi n°53 de 2016 relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique.
La mise en œuvre des projets rencontre également des obstacles liés au transfert des réseaux publics (eau, électricité, gaz), à la pénurie de certains matériaux de construction dans certaines régions, aux sources de financement limitées, outre la longueur et la complexité des procédures d’expropriation foncière.
Priorités et objectifs visant le renforcement des réseaux routiers en 2026
Le programme de l’année 2026 repose sur la poursuite du développement du réseau des autoroutes, des routes classées et des pistes rurales. Les priorités et les objectifs consistent essentiellement à développer des autoroutes et des routes classées facilitant la mobilité à l’intérieur du pays et avec les pays voisins, à améliorer l’accès aux services publics via des pistes rurales aménagées, et à améliorer la qualité du réseau routier pour faciliter le déplacement et la sécurité de tous les usagers.
Dans ce cadre, les investissements programmés pour l’année 2026 sont estimés à environ 1244,850 millions de dinars et concernent notamment les projets en cours ainsi que les nouveaux projets.
La Cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a souligné lors d’une récente séance au parlement que la priorité sera accordée, durant l’année 2026, à l’exécution des projets et programmes en cours dans le domaine des routes et des ponts, en premier lieu le projet de l’autoroute Tunis-Jelma. Ce projet s’étend sur 186 kilomètres pour un coût estimé à 1295 millions de dinars. Elle a affirmé que ce projet constitue l’une des composantes structurelles majeures pour améliorer la liaison entre les régions du pays et renforcer le développement régional.
L’année 2026 verra également le lancement de nouveaux projets pour le développement des autoroutes et routes classées, afin de faciliter la circulation à l’intérieur du pays et vers les pays voisins, à l’instar du projet de corridor stratégique Est-Ouest. Ce dernier consiste en le doublement de la Route Nationale n°13 reliant Sfax et Kasserine pour la transformer en une autoroute répondant aux exigences de la croissance économique, a encore soutenu la Cheffe du gouvernement.
Le programme ambitionne aussi d’améliorer l’accès aux services publics à travers l’aménagement de 912 kilomètres de pistes rurales répartis sur 22 gouvernorats, ainsi que des travaux d’aménagement de 117,4 kilomètres de pistes à Sfax, Sidi Bouzid et Kasserine. Il s’agit également d’améliorer la qualité du réseau routier par la poursuite des travaux d’entretien périodique, la réparation des dégâts des inondations dans le cadre des programmes 2023, 2024 et 2025, conformément au programme du gouvernement pour l’année 2026.
Par ailleurs, le gouvernement poursuit ses efforts pour réaliser un réseau routier durable et global prenant en compte l’évolution du parc national de véhicules ainsi que les aspects esthétiques et environnementaux. Il s’agit de poursuivre l’achèvement des projets d’autoroutes, le raccordement de la liaison de Tataouine à l’autoroute, le doublement de la route nationale entre Sousse et Kairouan, ainsi que la réalisation de déviations dont celle de Thala à Kasserine. Le programme prévoit aussi la mise à niveau du réseau des routes classées pour les rendre conformes aux normes internationales, et l’aménagement des pistes rurales pour faciliter l’accès aux services publics et aux entreprises.
Le gouvernement cible également un entretien périodique du réseau et le renforcement de la sécurité routière pour tous les usagers, à travers l’équipement des routes avec des installations modernes réduisant les risques d’accidents. Cette démarche permet de tirer profit sur différents plans, économique et social, grâce à une mobilité plus efficace, en plus de développer la recherche scientifique dans le domaine des matériaux utilisés pour la réalisation ou l’entretien des routes.
Dans une démarche innovante pour soutenir le développement durable, le programme 2026 prévoit également l’application du concept de l’économie circulaire dans le secteur de la construction, à travers l’exploitation des gravas et des déchets de démolition pour les transformer en matériaux utilisables dans la réalisation des routes.


