Logo de Poulina Group Holding et Land’Or superposés sur fond d'usine agroalimentaire moderne, symbolisant le projet d'acquisition

L’annonce de l’offensive de Poulina Group Holding (PGH) sur Land’Or ne se limite pas à une simple transaction agroalimentaire. C’est un signal fort envoyé au marché financier, marquant le retour des grandes manœuvres de consolidation et une ambition régionale qui place le Maroc au cœur de la stratégie tunisienne.

Un catalyseur pour la place boursière

L’entrée de PGH dans le capital de Land’Or agit comme un véritable électrochoc pour la Bourse de Tunis. En tant que poids lourd de la cote, la velléité de croissance externe de Poulina rassure sur la robustesse de son bilan. Pour Land’Or, dont le titre est historiquement jugé sous-évalué, ce rapprochement offre une perspective de convergence immédiate du cours vers le prix d’offre, incluant une prime de contrôle légitime. Au-delà de ces deux acteurs, c’est tout le secteur du M&A (Fusions-Acquisitions) qui pourrait s’en trouver dynamisé, poussant d’autres géants comme Délice ou la SFBT à accélérer leurs propres stratégies de croissance.

Les défis de l’intégration : Entre agilité et bureaucratie

Si l’appétit de Poulina témoigne d’une force de frappe indéniable, le succès de l’opération repose sur une intégration chirurgicale. Le premier défi est culturel : Land’Or a bâti sa réussite sur une agilité de PME spécialisée. L’absorber dans un conglomérat aux processus industrialisés comporte un risque de bureaucratisation qui pourrait étouffer l’innovation produit.

De plus, l’exposition de Land’Or aux fluctuations des devises (Dinar/Dirham/Euro) pour ses importations de matières premières constitue un point de vigilance majeur. La gestion de la dette en devises et l’impact des parités sur les marges consolidées du pôle agroalimentaire de PGH seront les juges de paix de la “due diligence”.

L’axe Tunis-Casablanca : Le hub vers l’Afrique

L’intérêt stratégique majeur réside dans la plateforme marocaine de Land’Or à Kénitra. Pour PGH, cette acquisition dépasse la production de fromage ; elle offre un hub régional “offshore”. En s’appuyant sur cette base marocaine, le groupe s’affranchit des contraintes logistiques du port de Radès pour attaquer plus efficacement le marché de l’Afrique de l’Ouest. Une ambition de “Champion Régional” qui redessine les frontières de l’agroindustrie tunisienne.