
“Ce chiffre reflète le dynamisme du secteur privé tunisien et sa confiance dans les orientations nationales. Ainsi, pour renforcer la souveraineté énergétique et la sécurité énergétique, la Tunisie mise sur un partenariat efficace et constructif avec tous ses partenaires nationaux et internationaux, ce qui représente une nouvelle opportunité d’intégration dans l’intérêt mutuel “, a souligné la ministre.
Elle a renouvelé, à cette occasion, son engagement à accompagner les 187 titulaires des autorisations, précisant que son département reste ouvert à un dialogue constructif avec l’organisation « CONECT », qui a organisé cet évènement, ainsi que tous les partenaires afin de surmonter les obstacles qui pourraient entraver ce processus national.
Et de poursuivre, que son département vise le lancement, dans les brefs délais, de ces 187 projets, tout en assurant une facilitation des procédures administratives ainsi que des investissements dans le domaine des énergies renouvelables. Elle a rappelé à cet égard, l’avantage financier accordé, dans le cadre de la loi de finances 2026, soit une bonification de 3%, qui représente la contribution de l’Etat dans les investissements en énergies renouvelables, pour qu’ils soient plus attractif.
« Le régime des autorisations n’est pas seulement un processus de production de l’électricité, c’est aussi un projet sociétal et économique qui vise à créer de la richesse et à consacrer la souveraineté énergétique », a-t-elle noté.
Ce régime vise à appuyer l’industrie et les services qui utilisent l’énergie et à créer des petites et moyennes entreprises en tant que sociétés productrices de l’énergie.
La ministre a également affirmé que le taux de production de l’électricité à partir des énergies renouvelable dépasse actuellement les 11%, avec un objectif de réduire la consommation d’énergie de 30 % et d’intégrer 35 % d’énergies renouvelables d’ici 2030. Il s’agit également d’augmenter le taux d’intégration des énergies renouvelables dans le système électrique, grâce à l’installation d’une capacité supplémentaire des énergies renouvelables d’environ 4 850 mégawatts, nécessitant des investissements de plus de 12 milliards de dinars (4 milliards de dollars).
La loi n° 12 de 2015 du 11 mai 2015 a mis en place trois régimes pour la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables : le régime de l’autoproduction, le régime des autorisations pour les petits et moyens projets et le régime des concessions pour les grands projets.
A cet égard, la ministre a relevé que son département procède également à une révision périodique de ces régimes, ce qui a conduit à l’adoption de nouvelle méthodologie lors du 5ème round du régime d’octroi des autorisations.
Cette année, l’accent sera mis sur l’accélération des projets des énergies renouvelables dans les trois régimes, en facilitant les procédures administratives, en consacrant la numérisation, le guichet unique, et le développement de l’infrastructure et des échangeurs nécessaires au réseau électrique pour absorber la capacité générée par ce régime en plus de promouvoir la production locale.
A cet égard, la ministre a fait savoir que deux concessions pour deux grands projets de production d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque à “Tozeur” et à “Sidi Bouzid” seront inaugurés en février 2026.
Pour sa part, Sadok Besbes, président du groupement professionnelle des énergies renouvelable auprès de la CONECT, a mis en exergue l’importance du régime des autorisations, étant donné qu’il permet à l’investisseur tunisien, sous forme des PME, de contribuer dans la production de l’électricité, en saisissant l’opportunité d’exploiter cette ressource naturelle en énergie solaire, et d’aider également le réseau national d’électricité d’assurer l’équilibre au plan national.
Ce régime permet, également, de créer, dans un laps de temps réduit, des entreprises tunisiennes capables d’installer les centrales photovoltaïques et d’exporter cette compétence aux pays voisins.
Selon Besbes, la réalisation d’un taux de production de l’électricité de 35% à partir des énergies renouvelables est réalisable, voire de 50% à l’horizon de 2035.
Cela aura lieu en conjuguant les efforts des secteurs publics et privé pour surmonter les difficultés, notamment celles liées à la réalisation des études, aux procédures administratives d’obtention des autorisations de construction des centrales photovoltaïques, notamment avec la pluralités des intervenants (ministères de l’agriculture, de l’Equipement, de l’industrie et des Domaines de l’Etats domaines..), a-t-il encore dit.
Parmi les autres problèmes dont souffrent les investisseurs opérant dans le cadre de régime des autorisations, Besbes a cité celui de raccordement au réseau de l’électricité de la STEG.
Il a appelé à la définition d’une feuille de route claire destinée à l’investisseur pour qu’il puisse s’orienter directement au lieu où le raccordement est plus accessible.
De même, les PME ayant obtenu des autorisations pour la réalisation de projets de production d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque, rencontrent des difficultés pour obtenir un financement bancaire, puisque les banques demandent toujours des garanties, alors que l’investisseur se trouve dans l’incapacité de fournir ces garanties en raison du coût de l’investissement, soit 2,4 millions de dinars pour un projet de 1 mégawatt.
De son côté, Aslan Ben Rejeb, président de la CONECT a mis en exergue l’opportunité que la Tunisie peut saisir, en exploitant ses ressources naturelles, et elle pourra ainsi passer d’un pays producteur à un pays exportateur d’énergie, à condition d’assurer une meilleure coordination et d’accélérer les procédures.


