Des acteurs des médias, de la société civile et des organisations internationales ont appelé jeudi à Tunis à institutionnaliser l’éducation aux médias et à l’information, présentée comme un levier essentiel pour protéger la liberté d’expression face à la désinformation et à l’essor des réseaux sociaux.

Réunis lors d’un colloque organisé par le bureau de l’ONG Article 19, en partenariat avec l’Unesco, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) et le Conseil de la presse, les participants ont estimé que l’éducation aux médias constitue « une nécessité vitale » pour l’ensemble de la société.

La rencontre vise à élaborer une stratégie nationale fondée sur une approche participative et à relancer le dialogue entre acteurs institutionnels et médiatiques, dans un contexte marqué par une initiative parlementaire proposant la création d’un poste d’enseignant en éducation aux médias et à la communication.

Selon Imen Ajimi, responsable des programmes d’Article 19 en Tunisie, l’objectif est de « consacrer » cette discipline et de formuler une vision commune avec les différents intervenants.

Elle a souligné que cette démarche permettrait de protéger à la fois la et les citoyens, dans un environnement dominé par les plateformes numériques et les flux massifs d’informations.

Le président du SNJT, Zied Dabbar, a plaidé pour des contenus pédagogiques destinés aux jeunes comme aux adultes afin de les prémunir contre les effets de l’intelligence artificielle générative et la manipulation de l’information.

Il a soutenu l’initiative législative en cours, appelant à accélérer son adoption.

De son côté, le représentant de l’Unesco en Tunisie, Neji Bghouri, a estimé que les réponses strictement répressives, telles que l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs, ne sauraient suffire face à la prolifération des fausses informations et au recul du rôle des médias traditionnels.

En juillet dernier, 92 députés ont déposé une proposition de loi visant à créer un poste d’enseignant spécialisé dans l’éducation aux médias et à la communication. Le texte a été examiné en commission et doit être soumis à la plénière pour adoption.