La confirmation par Fitch Ratings (31 janvier 2026) du B- avec perspective stable n’est pas un chèque en blanc, mais une reconnaissance de la capacité de l’État à ne pas déraper.
-
Le signal fort : Fitch a retiré la Tunisie de sa liste de surveillance (Under Criteria Observation), validant l’application de sa nouvelle méthodologie qui inclut désormais une note de recouvrement (RR4).
-
Le bémol de Moody’s : À Caa2, Moody’s reste bloquée sur la “saturation” du financement intérieur. En clair, l’État siphonne les liquidités bancaires pour boucler son budget, au détriment de l’investissement privé.
Inflation : Une décrue en “trompe-l’œil” ?
Le passage de 4,9 % à 4,8 % en janvier 2026 confirme une tendance baissière par rapport au pic de 6,2 % de fin 2024.
-
Facteurs de baisse : Le ralentissement des prix alimentaires et des services (restauration/hôtellerie) porte ce chiffre.
-
Points de vigilance : L’inflation sous-jacente (hors produits frais et énergie) reste plus rigide. Les pressions sur les viandes et fruits frais rappellent que la souveraineté alimentaire est le premier rempart contre l’instabilité des prix.
PME & Industrie 4.0 : L’amorçage de la mutation
Deux initiatives concrètes viennent structurer cette semaine le paysage productif :
-
TIMA (Tunisian Intelligent Manufacturing Assessment) : Lancé par l’APII, cet outil n’est pas qu’un simple formulaire. C’est le bras armé de la Stratégie Industrie 2035. Il va permettre aux 350 entreprises déjà accompagnées (et aux suivantes) de mesurer leur retard technologique par rapport aux standards mondiaux.
-
Commerce Numérique (ITC/CONECT/CCIT) : Ce partenariat vise spécifiquement le e-commerce transfrontalier. L’enjeu est de transformer nos PME, souvent cantonnées au marché local, en exportateurs digitaux capables de capter de la devise sans passer par les lourdeurs logistiques classiques.
L’Analyse de l’Éditorialiste
La Tunisie de 2026 semble avoir troqué le risque de défaut immédiat contre une croissance atone mais gérée. Le danger n’est plus l’effondrement, mais l’asphyxie du secteur privé par la dette publique. L’accélération sur le numérique (MoU avec l’ITC) et l’Industrie 4.0 est donc l’unique porte de sortie pour restaurer une productivité qui fait défaut depuis une décennie.
Note de vigilance : Le budget 2026 repose sur des hypothèses de financement extérieur encore fragiles. Tout retard dans les décaissements bilatéraux remettrait la pression sur la Banque Centrale.
L’Analyse de l’Éditorialiste

