
La fin du « Stock Picking » sélectif, place à la Largeur
Ce qui frappe l’observateur avisé lors de cette séance, ce n’est pas tant la hausse, mais sa structure. Le ratio de participation — 18 valeurs en hausse contre seulement 26 en baisse (sur un total de 75 valeurs)— témoigne d’une « market breadth » (largeur de marché) que l’on n’avait pas observée depuis la période post-réforme de 2024. Ce n’est plus une poignée de poids lourds qui tirent l’indice, mais une vague de fond qui soulève tous les bateaux, des banques aux distributeurs automobiles.
BNA : Le nouveau baromètre de la confiance
Au cœur de cette euphorie rationnelle, la Banque Nationale Agricole (BNA) s’impose comme le « market leader ». Avec plus de 3,3 MD TND traités en une seule séance, le titre agit comme un aspirateur de liquidités. Longtemps délaissée pour sa structure publique pesante, la BNA est devenue, en ce début 2026, l’étendard d’une finance tunisienne transformée : digitale, solvable (Tier 1 à 19,17 %) et surtout, généreuse. Le rendement affiché attire désormais des capitaux qui, l’an dernier encore, s’enfermaient dans l’obligataire.
La rotation sectorielle : Le pari de la consommation
Le flux ne ment jamais. En délaissant légèrement les secteurs défensifs comme l’assurance pour se ruer sur les services aux consommateurs et la distribution (City Cars en tête avec +4,23 %), les gérants de fonds font un pari clair : celui de la normalisation économique. L’argent se déplace vers les actifs « cycliques », ceux qui profitent directement de la baisse de l’inflation et de la reprise du crédit à la consommation.
Le « So What? » pour l’investisseur
Pour l’investisseur institutionnel ou le retail averti, le diagnostic est sans appel : nous sommes dans une phase d’accumulation saine. Contrairement aux bulles spéculatives alimentées par des transactions de blocs opaques, la hausse actuelle se forge sur le marché central (98,2 % des volumes). C’est le signe d’un prix « vrai », découvert par la confrontation réelle de l’offre et de la demande.
Le mot de la fin : Le risque de surchauffe à court terme existe, mais il est secondaire face à la puissance du momentum. À 14 385 points, le Tunindex n’est pas cher ; il est en train d’ajuster sa valeur à une nouvelle réalité économique. La stratégie ? Rester investi, accumuler sur les replis techniques, et surveiller la BNA comme le lait sur le feu. Le lion de l’Afrique du Nord a enfin faim de rendement.


