La revue numérique semestrielle éditée à Paris “Notre Regard sur les cinémas arabes et africains” a salué dans son numéro 4, paru en décembre 2025, l’adoption par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) d’un fonds d’encouragement à l’investissement cinématographique et audiovisuel en Tunisie, considéré comme une avancée majeure pour la réforme du secteur.

Dans son éditorial intitulé “Les bonnes nouvelles de fin d’année”, la rédaction souligne que cette mesure, intégrée à la loi de finances 2026 (article 61), constitue l’un des axes structurants du projet global de réforme du cinéma tunisien.

Selon la revue, ce vote est l’aboutissement d’un long travail collectif mené par les professionnels du secteur et les associations de cinéma, visant à doter l’industrie cinématographique tunisienne d’un cadre juridique adapté aux exigences contemporaines, en rupture avec une législation jugée obsolète et héritée des années 1960.

“Notre Regard” rappelle toutefois que l’entrée en vigueur effective de ce fonds reste conditionnée à la signature d’une convention tripartite entre le ministère des Affaires culturelles, le ministère des Finances et le Centre national du cinéma et de l’image (CNCI), soulignant la nécessité de rester vigilant quant à la phase d’application.

Le numéro met également en avant, en couverture, le film “La Voix de Hind Rajab”, consacré au destin tragique d’une enfant palestinienne tuée à Gaza. Le long métrage vient d’être officiellement sélectionné pour représenter la Tunisie à la prochaine cérémonie des Oscars, une reconnaissance internationale que la revue présente comme emblématique de la capacité du cinéma de la région à porter des récits politiques et humains sur la scène mondiale.

La Voix de Hind Rajab, réalisé par Kaouther Ben Hania, figure parmi les cinq finalistes en lice pour l’Oscar du Meilleur long métrage international à la 98e cérémonie des Academy Awards qui se tiendra le dimanche 15 mars 2026 au Dolby Theatre de l’Ovation Hollywood, à Los Angeles.

La revue, qui fête avec ce numéro ses deux premières années d’existence, annonce par ailleurs l’élargissement de son comité de rédaction à des critiques et experts venus du Sénégal, du Burkina Faso et d’Algérie, renforçant ainsi son ancrage panafricain et arabe.

Dans un dossier central consacré à la préservation du patrimoine cinématographique, “Préserver notre patrimoine cinématographique c’est donner un avenir à notre passé”, Notre Regard réaffirme que la sauvegarde des archives et des œuvres constitue un levier essentiel pour assurer l’avenir du cinéma tunisien, entre mémoire, transmission et modernité.

Revue numérique spécialisée en langue française, Notre Regard propose une sélection variée d’articles consacrés aux cinémas tunisien, arabe et africain, mêlant critiques de films, entretiens, dossiers thématiques et analyses sur les évolutions du secteur audiovisuel.