
Un bilan lourd en Tunisie et en Algérie
En Tunisie, Harry a frappé avec une violence inouïe. Les précipitations ont pulvérisé des records historiques : à Monastir, on a enregistré jusqu’à 143 mm de pluie, tandis qu’Enfidha et Sfax ont reçu respectivement 111 mm et 80 mm en quelques heures seulement. Ce déluge a malheureusement coûté la vie à au moins quatre personnes dans le gouvernorat de Monastir, dont une femme âgée piégée par la montée rapide des eaux.
L’Algérie n’a pas été épargnée, avec 17 wilayas lourdement impactées par des pluies torrentielles et des chutes de neige massives sur les reliefs. Les secours y ont mené des milliers d’interventions pour secourir des habitants isolés ou victimes d’intoxications au monoxyde de carbone liées au chauffage de fortune.
Prévisions : Le “vide” dépressionnaire et l’arrivée du froid
Bien que le cœur de la tempête se déplace vers la Grèce et les Balkans, la menace ne disparaît pas totalement pour le Maghreb. Un phénomène météorologique particulier se dessine : en s’éloignant, Harry crée un “vide” barométrique qui aspire l’air polaire venu d’Europe centrale.
Pour la Tunisie, cela signifie :
- Une chute verticale des températures : Après une relative douceur, le froid va s’installer durablement sur tout le territoire, avec des risques de gelées à l’intérieur des terres.
- Un risque maritime persistant : Même si les vents faiblissent, la houle reste dangereuse. Les experts climatiques maintiennent une vigilance élevée pour les activités de pêche et maritimes, les vagues pouvant encore atteindre des hauteurs inhabituelles le long des côtes.
- Des sols saturés et des inondations “flash” : C’est le point le plus critique pour les prochains jours. Les sols sont désormais gorgés d’eau et incapables d’absorber de nouvelles précipitations. La moindre averse, même modérée, pourrait provoquer des crues soudaines (flash floods) dans les zones urbaines denses comme Tunis ou Sousse, où les réseaux d’évacuation ont montré leurs limites.
Vigilance et résilience
Le retour à la normale sera progressif. Les autorités appellent à une prudence extrême : il est conseillé de limiter les déplacements dans les zones basses et d’éviter impérativement de traverser les oueds, dont le débit reste imprévisible.
Au-delà de l’urgence, les experts soulignent que Harry est un avertissement. La température anormalement chaude de la Méditerranée cet hiver a servi de carburant à cette tempête, un signe clair de l’impact du changement climatique sur l’intensité des phénomènes hivernaux au Maghreb.
La reconstruction devra impérativement passer par une remise à niveau des infrastructures pour faire face à cette “nouvelle normalité” climatique.


