Les travaux du projet d’assainissement de la localité d’Amira El Hajjaj, relevant de la délégation de Moknine, gouvernorat de Monastir ont atteint un taux d’avancement de 35 %, selon le chef du projet, Mohamed Ali El Fahem, qui a assuré que « toutes les équipes sont mobilisées pour achever les travaux dans les délais».
Lancé en mai 2025, ce projet s’inscrit dans le cadre du programme d’assainissement des petites villes – celles de moins de dix mille habitants et bénéficie d’un financement conjoint de la Banque africaine de développement (BAD), de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et du Gouvernement Tunisien.
Un projet structurant
Située à l’est du gouvernorat de Monastir, Amira El Hajjaj s’étend sur une superficie de 8 500 hectares et compte près de 10 000 habitants. Elle est entourée par Beni Hassen au nord, Amira Ettouazra à l’ouest, Amira El F’houl et Cherahi au sud, et Menzel Farsi à l’est.
Le projet, dont la durée totale est estimée à 15 mois, devrait s’achever en août 2026. Il comprend deux volets essentiels :
La réalisation d’un réseau de collecte des eaux usées et le raccordement de 800 habitations ; la construction d’un système d’acheminement vers la station d’épuration, incluant des travaux de génie civil et la mise en place de stations de pompage d’une capacité de 20 à 40 litres par seconde.
Au total, près de 20 000 mètres linéaires de canalisations seront posés, accompagnés de 800 boîtes de raccordement, 780 regards de contrôle et de nouvelles installations de pompage.
Interrogé sur les éventuelles contraintes, Mohamed Ali El Fahem précise qu’aucun obstacle foncier ne freine l’avancement du chantier :
« La parcelle destinée à la station de pompage a été louée par l’ONAS, et toutes les composantes du projet sont prêtes à être exécutées », a-t-il déclaré.
Les principales difficultés concernent la cohabitation avec les réseaux publics existants, notamment ceux de la SONEDE (Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux).
Pour prévenir tout incident, des opérations de coordination et des fouilles exploratoires sont effectuées au fur et à mesure de l’avancement des travaux.
Un pas décisif pour la protection de l’environnement
Jusqu’à présent, Amira El Hajjaj ne disposait d’aucun réseau d’assainissement, entraînant des rejets anarchiques d’eaux usées et un risque de pollution de la nappe phréatique.
Le projet vise donc à éliminer ces rejets, protéger les ressources hydriques et améliorer la qualité de vie des habitants.
Selon les données officielles, la localité affiche déjà un taux de raccordement de 95 % au réseau d’eau potable et à l’électricité, mais reste tributaire de ce chantier pour atteindre une couverture complète en matière d’assainissement.
Lors de sa visite de travail effectuée le 23 juin 2025 à Monastir, le ministre de l’Environnement, Habib Abid, avait donné le coup d’envoi du programme d’assainissement des petites villes à Sidi Bennour et Amira El Hajjaj.
Ce programme vise à éradiquer les déversements anarchiques, à protéger les nappes phréatiques et à raccorder les deux localités à un réseau moderne relié à la nouvelle station d’épuration de Moknine.
« Ce projet n’est pas seulement un chantier technique, mais un investissement dans la santé publique et la durabilité environnementale », a encore souligné Mohamed Ali El Fahem, optimiste quant au respect du calendrier prévu.


