La Chambre national des femmes chefs d’entreprise organise un atelier intitulé « Plaidoyer pour un entrepreneuriat féminin à forte valeur ajoutée ». Il se déroule jeudi 18 avril au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, commerce et de l’artisanat (UTICA).

Objectifs : sensibiliser les pouvoirs publics et économiques au rôle de l’entrepreneuriat féminin dans les quicks win de la croissance, clarifier les orientations, planifier les actions et concrétiser les recommandations de l’Organisation internationale du travail (OIT) et faire valoir le savoir-faire de la Chambre national des femmes chefs d’entreprise (CNFCE) dans la maîtrise de l’écosystème et le développement de l’entrepreneuriat féminin en Tunisie.

Les femmes cheffes d’entreprise ont prouvé leurs capacités à bien gérer leurs structures par temps incertains et en période de crise. Aujourd’hui elles ambitionnent de s’élever aux premiers rangs de l’innovation et de la nouvelle économie où les technologies occupent le haut du pavé.

L’importance de la femme au sein de l’entreprise

Les compétences féminines s’imposent dans les plus grands groupes économiques du monde. En 2010, le journal français Nouvel Observateur publiait une enquête sur l’importance des femmes dans les entreprises du CAC40 en France. Il s’avère que sur la période 2002-2006, les 14 entreprises du CAC40 qui ont plus de 35 % de femmes dans leur encadrement ont connu en moyenne une croissance de 23,54 % de leur chiffre d’affaires, et que les 28 entreprises qui ont moins de 35 % de femmes dans leur encadrement ont connu une hausse de leur chiffre d’affaires limitée à 14,61 %.

La différence de performance entre les deux groupes est de 61,12 %. Pareil pour ce qui est de la rentabilité où la différence de performance entre les deux groupes est de 96,09 %. C’est dire l’importance des femmes dans le développement d’une dynamique économique positive.

La vision de la CNFCE

Ce qui est valable en France, l’est aussi en Tunisie et dans tous les pays du pourtour méditerranéen. La CNFCE, elle, est l’une des plus ancienne chambres économiques visant à imposer les femmes en tant qu’acteur incontournable dans l’essor économique de la Tunisie.

Elle œuvre aujourd’hui pour une meilleure représentativité et participation des femmes entrepreneures dans les structures des organisations professionnelles et bataille pour un entrepreneuriat féminin à forte valeur ajoutée de nature à contribuer à la croissance économique de la Tunisie après 2011, soit une phase marquée par une récession sur plus d’un plan.

La Tunisie, selon une étude de l’OCDE, « représente un vivier de femmes instruites, de femmes diplômées du supérieur désireuses de travailler. Paradoxalement, le taux d’activité de ces femmes n’a pas dépassé, sur les dix dernières années, les 26,5 %, avoisinant ainsi le taux moyen des pays arabes, mais très en deçà du taux moyen des pays de l’OCDE. Cette situation se reflète au niveau des indicateurs de l’entrepreneuriat féminin qui demeurent très en deçà des aspirations des femmes ».

Soutien de la Finlande…

Partant de ce  constat, le Bureau international du travail (BIT) s’est engagé à soutenir la CNFCE dans l’élaboration d’un “Manifeste pour la promotion de l’entrepreneuriat féminin“ et qui sera le point de départ d’un plaidoyer lancé lors d’un déjeuner -débat organisé par la CNFCE et le BIT dans le cadre d’une activité conjointe entre le département ACT/EMP et le projet « Travail décent des femmes en Tunisie et en Egypte, Phase II » financé par le ministère des Affaires étrangères de la Finlande.

Il est triste, comme mentionné dans la note conceptuelle présentée par la CNFCE à l’occasion de l’atelier, de constater que « l’ordre économique est une duplique conforme de l’ordre socioculturel dont les préjugés défavorables établis ne facilitent pas les ambitions et l’engagement des femmes dans l’investissement et la création de projet : il faut déconstruire ces schémas et reconstruire les mentalités à travers la sensibilisation, l’éducation et le plaidoyer institutionnel ».

Changer les mentalités

Plusieurs témoignages recueillis ces dernières années attestent que la tâche des femmes cheffes d’entreprise reste plus difficile que celle des hommes. Car, outre les entraves sociales qui limitent nombre d’opportunités de développement de leurs entreprises pour des raisons familiales ou autres, les banques sont beaucoup plus exigeantes avec les femmes qu’avec les hommes. D’où l’importance de mettre en place tout en programme pour agir sur le terrain et changer les mentalités.

A travers le plaidoyer qu’elle lance aujourd’hui, « la CNFCE vise à soutenir les entrepreneures, qu’elles soient promotrices de nouveaux projets ou aspirant à développer leurs activités, à renforcer leurs qualifications et leurs compétences de gestion, techniques et de management, de manière à améliorer l’environnement du développement des affaires et à mettre en place une plateforme pour faire entendre leurs voix ».

Cet engagement trouve son écho dans cette citation : « Ce que femme veut, Dieu veut !»

A.B.A