BCE, le gourou et Machiavel… Cette nouvelle Troïka

bce-tunisie-politique.jpgSi le célèbre PRINCE de MACHIAVEL -qui a inspiré plus d’un- y perdait son latin, si jamais il essayait de comprendre ce qui se passe dans les dédales du PAYSAGE POLITIQUE TUNISIEN, ce PPT où on ne sait plus qui est qui et qui fait quoi…, alors ce pauvre PRINCE ne serait qu’un enfant de chœur qui a perdu son fil d’ARIANE si on cherchait à le comparer à ces deux vieux loups de la politique qui dominent le fameux PPT et que les hasards  de l’Histoire ont fait qu’ils se croisent à un moment où le bateau TUNISIE tangue de toutes parts après que son capitaine, incapable de gérer la mutinerie, a déserté… vers un désert plus clément.

Comme l’a si bien dit BCE, aujourd’hui si les partis sont légion (plus de deux cents), parmi eux deux accaparent le paysage: l’un venu de loin et créé dans la souffrance des prisons par des adeptes d’un islamisme rigoriste et des frères égyptiens; l’autre plus récent, composé de bric et de broc fabriqué par le sauveur des acquis de la République. Quant aux autres soi-disant partis, leur raison d’être a disparu depuis que ZABA lui-même a disparu.

Revenons à nos moutons ou plutôt à nos deux loups: aussi bien pour l’un que pour l’autre, ils ne sont pas le fruit de la révolution, ni à son origine non plus, tous n’ont rien vu venir quoiqu’en disent les analystes de la vingt-cinquième heure. BCE se coulait une retraite paisible à La SOUKRA, entouré de sa famille dont son rejeton de fils, alors que le GOUROU roulait a gauche avec ses idées de droite du côté de la TAMISE.  

Mais dès leur entrée en scène, bien que tout les opposait au risque de devenir explosif -un éminent penseur avait comparé par une phrase lapidaire les deux hommes «BCE est l’homme de BOURGUIBA, le GOUROU est le négatif de BOURGUIBA»-, ils avaient déjà un point commun: BOURGUIBA, l’homme de la politique des étapes, l’homme que DE GAULLE détestait par-dessus tout.

Cette politique du pauvre permet lentement mais sûrement d’atteindre ses objectifs. Et quel gap dans les objectifs des deux hommes! Faut-il encore une fois les rappeler?

Avec la révolution, le GOUROU s’installa au pouvoir et, avec une précision d’horloger, mit en place son programme en 3D –Destroy, Demolish, Disappear- alors que BCE organisait en silence la résistance, sachant pertinemment que les quelques opposants au système gourouesque qui cherchaient a émerger seraient broyés par le dit système –les familles des regrettés BELAID et BRAHMI en savent quelque chose. Puis le duel se mit lentement en place: ce fut alors une série de rounds d’observation, de dialogues, d’affrontements, une guerre acharnée de positions ponctuées par une série d’accidents de parcours peut-être sciemment calculés et programmés par le staff invisible du gourou, drames aux conséquences tragiques à tous les niveaux qu’il serait utile de retracer minutieusement et interpréter par des historiens aguerris.

Chaque bavure commise était savamment récupérée par BCE qui tissait sa toile lentement et sûrement en surfant sur les errements gouroutiques, qui, bien que menant ses troupes d’une main de fer, n’arrivait pas à sensibiliser les femmes pour les faire intégrer ses structures, et même celles qui lui sont dévouées ne veulent pas qu’on y touche au CSP; son parti restait celui du MALE!

Après quelques années de gestion catastrophique, le GOUROU eut l’intelligence de comprendre que l’horizon du khalifat était bouché et que l’on ne réécrivait pas l’histoire, et s’adapta d’une manière «machiavélique» à la situation du pays et céda en partie le pouvoir à BCE qui ne se fit pas prier et redémarra une série d’actions de Reconstruction, Réconciliation, Réhabilitation et Reprise, après les 3D, les 4R en quelque sorte.

Pour ce faire, BCE commença à faire appel à un éminent  «CLEANHANDSMAN» pour mettre en œuvre ce programme, continua son œuvre de normalisation, se fit même applaudir par les adeptes du GOUROU après un discours -qui restera dans les annales- ponctué de versets, et réussit peut-être à humaniser le GOUROU qui comprit le message et commença à  nettoyer son parti de ses extrémités comme un polisseur de pierres, quitte à les sacrifier sur l’autel d’une «espérée» démocratie musulmane à l’image de ce que les Occidentaux appellent “démocraties chrétiennes“. Lesquelles «ne savent quoi faire de LA TUNISIE», comme l’a affirmé HUBERT VEDRINE, un homme sage et qui sait ce qu’il dit et ce qu’il fait lui.

Maintenant faut-il croire qu’en édulcorant ses positions souveraines, le GOUROU ait fait mine –sic- de reculer pour mieux sauter -resic?

WAIT AND SEE !