Suisse : la haute horlogerie décline les métiers d’art à Baselworld

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ée le 18 mars 2015 au salon BaselWorld, en Suisse (Photo : Fabrice Coffrini)

[23/03/2015 13:09:53] Bâle (Suisse) (AFP) Broderie, porcelaine, petits automates… Les horlogers de prestige ont une fois encore décliné les métiers d’art dans les montres présentées à Baselworld, marquant ainsi leur ancrage dans le luxe intemporel, à mille lieux de la montre connectée.

Chanel, une des plus grandes griffes du luxe parisien, a ainsi mis en valeur la Haute couture en faisant appel à la maison Lesage, qui brode l’habit des membres de l’Académie française.

La maison de la rue Cambon a ainsi présenté un modèle orné d’une comète finement brodée de perles de verre et de diamants, lors de ce salon mondial annuel qui réunit du 19 au 26 mars à Bâle (Suisse) horlogers et joailliers du monde entier.

Proposé à 85.000 euros, ce modèle en édition limitée met en valeur le geste précis des brodeuses parisiennes qui doivent confectionner le motif sur la petite surface du cadran, d’un diamètre de 37,5 millimètres.

Dans les présentoirs, ce modèle cotoyait une montre s’appuyant sur un autre métier d’art, la glyptique, qui consiste à tailler les pierres fines et précieuses en relief, qui représentait quant à elle un minuscule oiseau cisellé dans l’or par un atelier genevois.

– Porcelaine de Sèvres –

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ès dont il a dessiné le cadran en porcelaine le 18 mars 2015 pendant le salon BaselWorld, à Bâle, en Suisse. (Photo : Fabrice Coffrini)

La montre Hermès, la filiale horlogère du célèbre maroquinier français, a pour sa part invité un artiste japonais, le maître Buzan Fukushima, à décorer un cadran en porcelaine de Sèvres selon l’art de la peinture Aka-é, laissant libre cours à son imagination pour réinterpréter le thème du cheval, emblématique de la maison du Faubourg Saint-Honoré.

Parmi les pièces étonnantes, la marque suisse Jaquet Droz a dévoilé des modèles renfermant des petits automates, dont une montre pour dame abritant une fleur qui s’ouvre avec élégance sur pression d’un bouton.

“Avec les automates, il n’y a aucune limitation”, s’est enthousiasmé Marc Hayek, son directeur général, lors d’un entretien avec l’AFP.

“Là, ça n’est que pour la poésie, pour la beauté”, a-t-il poursuivi, ajoutant que “le côté féminin ouvre des portes de créativité”.

Jaquet Droz est une des trois marques de prestige que dirige Marc Hayek, le petit-fils du fondateur de Swatch Group, le numéro un mondial de l’horlogerie, aux côtés de Breguet et Blancpain, deux autres griffes de haute horlogerie.

Il ne s’est pas vraiment montré inquiet face aux montres connectées qui ont volé la vedette cette année à Baselworld, à quelques semaines du lancement de l’Apple Watch, pour laquelle le géant californien de la technologie affiche de solides ambitions.

Les amateurs de belles montres recherchent une toute autre émotion avec la haute horlogerie, a-t-il noté, expliquant toutefois qu’il serait techniquement possible de rajouter une puce électronique au bracelet.

“Cela augmenterait de deux ou trois francs le prix”, a-t-il plaisanté alors que la marque Breguet présentait un tourbillon à répétitions minutes pour 419.500 euros.

Le patron de Patek Philippe, un des fleurons de l’horlogerie suisse, a lui accueilli favorablement les montres connectées, bien qu’elles se situent dans un univers radicalement différent.

“Je pense que c’est très bien. C’est un complément à d’autres choses”, a indiqué à l’AFP Thierry Stern. Il s’est félicité des possibilités que ces objets vont offrir, par exemple, aux gens qui ont besoin d’un soutien médical, comme pour prendre un médicament à une heure précise.

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ée le 18 mars 2015 par le joailler britannique Graff au salon Baselworld en Suisse (Photo : Fabrice Coffrini)

“Je ne le vois pas comme un danger pour le poignet”, a ajouté le patron de cette marque choyée par les collectionneurs.

En novembre dernier, une montre de poche, fabriquée par Patek Philippe dans les années 1930 pour le banquier new-yorkais Henry Graves, s’est vendue 24 millions de dollars chez Sotheby’s.

Thierry Stern s’est dit convaincu que la prochaine génération d’acheteurs sera au rendez-vous, même si elle vient dans un premier temps à l’horlogerie par le biais d’une montre connectée.

“Si ça n’est pas de cas, cela veut dire qu’on peut tous brûler nos sculptures et nos tableaux”, a-t-il lancé.