Japon : difficile de vaincre la déflation selon la banque centrale

17ca2536201a6b0578920bae4cec377fd05b0d8a.jpg
à Tokyo, le 27 février 2015

[20/03/2015 07:58:52] Tokyo (AFP) Ne jamais tomber en déflation: telle est la leçon délivrée par le gouverneur de la banque centrale du Japon (BoJ), Haruhiko Kuroda, qui a souligné vendredi combien il était difficile de s’extirper de ce phénomène pernicieux.

“Je pense que l’état d’esprit déflationniste n’a pas été complètement éradiqué, nous sommes encore à mi-chemin”, a déclaré M. Kuroda lors d’une conférence au club des correspondants étrangers du Japon.

“Après 15 ans de déflation, atteindre notre objectif de 2% (de progression des prix d’un an sur l’autre) est un vrai défi”, a reconnu le gouverneur, alors que l’inflation a marqué le pas ces derniers mois et est désormais jugée proche de zéro.

Par conséquent, “la plus grande leçon à retenir de l’expérience japonaise est qu’il vaut mieux avant tout ne pas tomber en déflation”.

“S’il y a un risque, les autorités doivent faire tout leur possible pour l’enrayer”, a-t-il insisté, saluant ainsi indirectement la vaste offensive monétaire lancée par la Banque centrale européenne (BCE).

Cependant, même si la chute des prix du pétrole a récemment compliqué sa tâche, M. Kuroda n’a pas abandonné tout espoir de “surmonter la déflation” dans l’archipel, un objectif qu’il poursuit obstinément depuis son arrivée à la tête de la BoJ il y a tout juste deux ans.

Et de mettre en exergue “deux jalons” révélateurs d’un début de changement de mentalité, selon lui.

“Depuis juin 2003, l’indice des prix a été positif pendant 20 mois consécutifs”, une première depuis 1998, et les négociations salariales ont abouti l’an passé aux premières augmentations de rétribution fixe “depuis 20 ans”.

Le mouvement s’est même accentué cette année dans les grandes entreprises, “ce qui est un très bon signe de nature à générer le cercle vertueux”, que le Premier ministre Shinzo Abe ne cesse d’appeler de ses voeux pour donner de l’élan à ses “abenomics”.

“Il est essentiel que les revenus des ménages s’élèvent de manière significative pour soutenir la consommation”, a souligné le gouverneur.

Signe de sa détermination, M. Kuroda a redit être prêt à “ajuster sa politique sans hésitation” pour atteindre sa cible, comme il l’avait fait fin octobre en annonçant une extension du programme de rachat d’actifs.

A terme, la Banque du Japon “espère montrer l’exemple”, estimant qu’un succès “conforterait les banques centrales” dans leur rôle et aurait “des implications importantes (…) pour la politique monétaire dans le monde”.