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| à Paris, le 23 novembre 2012 (Photo : Eric Piermont) |
[23/11/2012 17:40:48] PARIS (AFP) “On n’a peut-être pas le capital de Liliane Bettencourt mais on contribue à la santé des entreprises françaises”: au salon Actionaria, les petits actionnaires sont courtisés par les sociétés, à la recherche d’un capital stable en temps de crise.
En France, le nombre de petits actionnaires individuels est en chute libre. Les crises successives ayant découragé une bonne partie d’entre eux, ils ne sont plus qu’à peine un million aujourd’hui à gérer leur portefeuille et à connaître véritablement la Bourse, selon plusieurs études.
Il faut les rassurer “car ils sont souvent découragés face un environnement économique et fiscal qu’ils jugent complexes”, constate le directeur du service actionnaire d’Air Liquide, Laurent Dublanchet.
D’autant qu’ils restent une source de financement enviable pour les entreprises car ils permettent de stabiliser leur capital, explique-t-il.
“Ils manifestent un vraie fidélité et suivent avec attention les projets de développement de l’entreprise”, poursuit M. Dublanchet.
Ces petits porteurs, indépendants ou salariés, aurait même un “rôle à jouer” dans la croissance économique, selon un Livre blanc publié quelques jours avant la tenue du salon au Palais des Congrès où plus de 30.000 personnes étaient attendues vendredi et samedi.
Pour les auteurs de ce document rédigé par des spécialistes et acteurs du marché français, l’actionnariat individuel et salarié doit être stimulé de toute urgence pour améliorer le financement des entreprises qui ont déserté la Bourse pour opter pour l’endettement et l’auto-financement.
Parmi les nombreuses propositions, figure la création d’un PEI, un plan d’épargne investissement, qui serait accessible à partir de l’âge de 16 ans avec un plafond à 200.000 euros et une durée minimale de détention de 12 ans.
Actionnaires “responsables et engagés”
L’actionnariat salarié concerne à lui seul 8,8 millions d’individus en France, plaçant l’hexagone dans les pays de tête avec la Grande-Bretagne et l’Irlande.
“L’actionnariat salarié est fidèle”, juge le président de l’Institut français des administrateurs (IFA), Daniel Lebègue. “Il peut améliorer sur la durée la performance économique de nos grandes entreprises”.
Selon lui, ces actionnaires “responsables et engagés” sont en outre un “atout pour la gouvernance des entreprises françaises”, en aidant “le conseil d’administration à prendre les bonnes décisions”.
Aïcha Mokdahi, présidente de l’association Valoptec qui réunit les actionnaires salariés d’Essilor, estime en effet que la crise est d’autant mieux appréhendée quand les actionnaires sont bien informés de la stratégie de l’entreprise.
Malgré ce plaidoyer en leur faveur, les petits porteurs, rencontrés au salon, se montraient particulièrement sélectifs dans leur choix.
“Je privilégie les sociétés qui proposent une majoration du dividende ou un doublement des droits de vote au conseil d’admnistration, bien que peu d’entreprises le proposent”, a ainsi expliqué Jean-François, qui a requis l’anonymat. Cet actionnaire détient des titres dans une vingtaine d’entreprises.
Même prudence affichée chez Roland, boursicoteur à mi-temps qui privilégie les placements de “bon père de famille”. “Je vais attendre la reprise pour investir plus”, a-t-il insisté. Sa visite au salon est purement informative.
Enfin, certains ont déploré la détérioration de leur image: “on semble responsables de tous les maux alors qu’on contribue au développement économique de la France”, s’est désolé Pierre, qui n’investit que dans des sociétés françaises. “Un acte citoyen”, dit-il.



