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| à la Bourse de New York (Photo : Stan Honda) |
[03/11/2012 07:11:16] NEW YORK (AFP) Tout entière tournée vers l’élection présidentielle américaine qui aura lieu mardi, Wall Street, guette les résultats du scrutin pour s’élancer vers la fin de l’année, avec toujours, en ligne de mire, la menace imminente d’un “mur budgétaire”.
Au cours des trois dernières dernières séances, la Bourse de New York ayant exceptionnellement fermé ses portes lundi et mardi en raison du passage de l’ouragan Sandy sur la côte Est des Etats-Unis, le Dow Jones Industrial Average, indice des 30 valeurs vedettes de Wall Street, a abandonné 0,11%, terminant vendredi à 13.093,16 points.
Le Nasdaq, à dominante technologique, a pour sa part lâché 0,19% à 2.982,13 points.
L’indice élargi Standard & Poor’s 500 a grappillé 0,16%, pour finir à 1.414,20 points.
A quelques jours à peine de l’élection présidentielle américaine, les investisseurs étaient aussi impatients que prudents, s’éloignant du marché dans l’attente de la nomination du vainqueur.
“Il est très difficile de se positionner pour l’instant, l’élection est trop proche mais son issue va permettre de dissiper une grande partie du nuage qui bride actuellement l’appétit des opérateurs pour le risque”, notent les experts de Barclays.
En effet, les divergences profondes entre les deux candidats “en termes d’imposition et de réglementation rendent toute action risquée tant qu’on ne sait pas vers quelle direction se dirige le pays”, détaille Eugene Profit, de Profit Investments.
Bien que de nombreux courtiers tendent à pencher vers le champion républicain, Mitt Romney, considéré plus à l’écoute du monde des affaires que l’actuel président démocrate Barack Obama, peu osent s’avancer et prédire sa victoire.
“C’est vraiment au coude à coude”, relève M. Cecchini. “Il est dur de s’avancer”. Et, même si le champion républicain l’emportait, beaucoup doutent que cela fasse automatiquement bondir les indices boursiers.
“M. Romney serait bon pour la croissance, M. Obama serait bon pour les marchés”, résume-t-il, car “M. Romney n’a pas caché son intention de remplacer (le président de la Réserve fédérale américaine, Fed, Ben) Bernanke s’il était élu”. “Or le marché est soutenu par ses actions d’assouplissement monétaire”.
Depuis l’automne 2008, soit quelques mois avant l’inauguration de M. Obama, la Fed a injecté quelque 2.340 milliards de dollars dans le circuit financier.
Pour Alec Young, de S&P Capital IQ, “le plus important est de savoir quel sera l’impact du scrutin sur le mur budgétaire”, ce blocage politique sur la réduction de la dette américaine qui entraînera des coupes automatiques dans les dépenses publiques si aucun accord n’est trouvé d’ici la fin de l’année.
Et, quelle que soit l’issue du scrutin, “l’économie reste au centre des préoccupations”, estimé Evariste Lefeuvre, de Natixis, qui souligne que “jusqu’ici, les résultats trimestriels des entreprises et leurs perspectives n’ont pas été bonnes”.
Les courtiers se remettaient également au travail après la tempête historique qui a frappé lundi soir la côte Est des Etats-Unis, faisant des dizaines de morts et dont les dégâts pourraient atteindre entre 30 et 50 milliards de dollars.
Vendredi, nombreux restaient dans l’incapacité d’être “pleinement engagés dans les échanges”, selon M. Cecchini, en raison de pannes de courant persistantes, de problèmes de transports et de téléphones coupés.
“Mais aussi horrible que cela a été (pour la population), Wall Street a déjà comptabilisé” Sandy et va de l’avant, avance Michael Gayed, gérant de portefeuilles chez Pension Partners.
Pour lui, “trop peu de cas a été fait de la Grèce”, qui a souffert cette semaine de l’absence d’accord avec ses créanciers sur le versement d’une nouvelle tranche d’aide financière, alors même que sa situation empirait. “Le marché ne peut pas se permettre de voir l’Europe revenir au premier plan des préoccupations”.



